À la table ronde dédiée à la mobilisation des bailleurs de fonds pour le financement des opérations du deuxième recensement général de la population et de l’habitat en République démocratique du Congo, parmi les partenaires qui se sont engagés à appuyer financièrement ce processus figure la Banque africaine de développement (BAD), qui qualifie cette étape de moment "historique" dans l’histoire du pays.

D’après Mamadou Coulibaly, responsable pays ad intérim de la Banque africaine de développement, son institution a pris l’engagement de mobiliser 80 millions de dollars américains pour appuyer les efforts déployés par le gouvernement en vue de la réalisation de ce deuxième recensement, visant l’identification des populations et des ménages sur toute l’étendue du pays près de quatre décennies après le dernier exercice.

"Le Groupe de la Banque africaine de développement, habitué à accompagner ce type de processus dans les pays africains, souhaite annoncer une contribution de 80 millions de dollars en appui au Recensement Général de la Population et de l’Habitat en République démocratique du Congo. Cet engagement sera structuré en deux volets essentiels : 50 millions de dollars pour le financement des opérations de recensement; 30 millions de dollars consacrés au renforcement des capacités des institutions nationales, notamment l’INS et les structures impliquées dans la chaîne de planification, programmation, budgétisation, suivi et évaluation", a déclaré le responsable pays ad intérim de la BAD en RDC.

S’exprimant au nom de son collègue, M. Mohamed Cherif, directeur général adjoint du Groupe de la Banque pour l’Afrique centrale et chef du bureau pays pour la RDC, il a salué un pas décisif franchi par la RDC dans la concrétisation de ce projet. Selon lui, son institution n’exclut pas la possibilité d’un appui supplémentaire, après arbitrage au sein de l’organisation.

"L’objectif est d’assurer une mise en œuvre efficace, transparente et durable de cet exercice. Cette contribution s’inscrit dans un projet actuellement en cours d’instruction, qui sera présenté au Conseil d’administration avant la fin de l’année. Les discussions se poursuivront avec le ministre des Finances ici présent qui est notre gouverneur afin d’explorer des possibilités de financement additionnel", a-t-il rassuré au nom de la BAD.

L’objectif principal de la table ronde était d’obtenir un engagement ferme de toutes les parties prenantes en faveur de la mobilisation d’un financement adéquat, prévisible, suffisant et durable, afin d’assurer une réponse coordonnée et efficace aux enjeux démographiques ainsi qu’à l’organisation du RGPH-2. Pour le gouvernement, le coût global des opérations, estimé à 192 millions de dollars américains, constitue un défi majeur dans le contexte budgétaire actuel. Le financement du gap pour achever le processus reste tributaire de la mobilisation de ressources financières additionnelles auprès des partenaires techniques et financiers. D’où l’option envisagée du « Basket Fund », permettant de canaliser l’ensemble des ressources dans un fonds unique exclusivement dédié au financement des activités du RGPH-2.

À moins de cinq ans de l’échéance de l’Agenda 2030 pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD), le gouvernement estime qu’il est crucial pour la RDC de mettre en place des politiques idoines afin d’accélérer les progrès vers le développement durable et de sortir les populations de la vulnérabilité. Toutefois, s’engager dans cette voie exige une meilleure connaissance de la population, ainsi que des investissements accrus dans la collecte de données et les analyses nécessaires. D’où l’urgence de la tenue du RGPH-2, quarante-deux ans après le dernier recensement de ce type réalisé en 1984.

La non-tenue d’un recensement de la population et des ménages, complet, exhaustif et précis, prive en effet le pays de données essentielles pour faire progresser le développement social et économique et réduire les inégalités. Les données issues du RGPH sont, par ailleurs, les seules à même de garantir que personne ne soit laissé de côté. Elles sont indispensables à une planification détaillée du développement dans tous les secteurs et fournissent les éléments nécessaires à l’élaboration et au suivi des politiques publiques.

La République démocratique du Congo se dit ainsi impatiente de réaliser enfin un recensement général de sa population, plus de quarante ans après celui de 1984. Il s’agit également de l’une des promesses électorales de Félix Tshisekedi avant son accession à la magistrature suprême.

Clément MUAMBA



Le philosophe et écrivain congolais vivant en Belgique, Pie Tshibanda, a répondu avec fermeté à l’ancien Président congolais Joseph Kabila, suite à sa récente sortie médiatique, à Goma, où ce dernier évoquait un projet de “soudanisation” de la République démocratique du Congo.

Pour Tshibanda, le discours de l’ancien chef de l’État révèle une déconnexion avec la réalité politique et sociale du pays.

« Monsieur le Président, lorsqu'on suit votre discours, on a l'impression que vous pensez que les Congolais vous attendraient encore. Est-ce que ce n'est pas un manque de réalisme ? », a-t-il déclaré, invitant Kabila à “tourner la page”.

Le philosophe s’est montré particulièrement critique sur la manière dont Kabila et l’ancien président de la Commission électorale, Corneille Nangaa, présentent la passation de pouvoir.

« Dans une démocratie, est-ce le rôle d'un Président de faire une passation pacifique du pouvoir ? Ou est-ce le peuple qui, à un moment, dit à un président : "Nous en avons assez" ? », s’interroge-t-il.

Pie Tshibanda pointe également du doigt les failles héritées de l’époque Kabila : une Armée infiltrée et des réseaux internes au service d’intérêts étrangers.

« Aujourd'hui, lorsque le mouvement M23 arrive à Goma et tue, est-ce Tshisekedi qui est allé tuer là-bas ? Vous avez laissé des structures qui fragilisent le pays », a-t-il fustigé.

Le philosophe appelle à une responsabilisation de chacun et à une approche constructive pour résoudre les crises actuelles : « Les causes de la situation actuelle du Congo sont multifactorielles. Une fois identifiées, chacun doit accepter de jouer son rôle. Celui qui est parti, doit accepter que son temps est passé ».

Enfin, il met en garde contre les effets des déclarations de l’ancien Président sur la cohésion politique : « Lorsque Nangaa dit aujourd'hui : "C'est grâce à moi que Tshisekedi est devenu président", que pensent les autres candidats ? Sont-ils de cœur avec vous ou contre vous ? », conclut Pie Tshibanda.

Don Benjamin Makolo



 Les directeurs provinciaux de l’Agence congolaise de presse (ACP) ont été renforcés en capacité sur le fil d’actualités, lundi, au cabinet du directeur général à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.

 » La transition numérique est irréversible à l’ACP. Le fil d’actualités est salutaire .
Beaucoup de partenaires à l’extérieur attendent de bonnes informations de la RDC et surtout des provinces « , a expliqué Bienvenu-Marie Bakumanya, directeur général de l’Agence congolaise de presse.

Le directeur Kathy Katay a, quant à lui, exhorté les directeurs provinciaux à activer le fil d’actualités qui a beaucoup d’avantages pour le journaliste lui-même et pour l’Agence qui est appelée à produire pour les autres médias.
Il sied de rappeler que les directeurs provinciaux de l’ACP ont été invités à participer au forum médias Chine-RDC, à des séances de renforcement des capacités sur l’intelligence artificielle face à l’interconnectivite et sur la photographie ainsi que la conférence des cadres de l’ACP.

ACP/C.L./CC



Figure incontournable du Parti socialiste, l'ancien premier ministre sous Jacques Chirac et candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2002 est mort.

L'un éléphants du Parti socialiste. Lionel Jospin est mort à l'âge de 88 ans dimanche 22 mars, a annoncé sa famille. Député, chef de parti, ministre, locataire de Matignon et favori du scrutin élyséen de 2002, il a été premier ministre sous Jacques Chirac de 1997 à 2002. L'ancien Premier secrétaire du parti à la rose avait vu sa carrière politique prendre de l'ampleur dans la foulée de l'élection de François Mitterrand à la présidentielle.

En janvier dernier, Lionel Jospin avait subi "une opération sérieuse". "À tous ceux qui s'inquiètent de ma santé, je souhaite donner les éléments suivants: j'ai subi une opération sérieuse qui s'est bien passée. Je suis désormais de retour à la maison en convalescence", déclarait-il dans cette brève déclaration. 

L'ancien responsable socialiste, candidat malheureux aux élections présidentielles de 1995 et 2002, n'avait pas souhaité divulguer de détails sur la nature et la cause de cette opération. 

Le coup de tonnerre du 21 avril 2002

L'histoire veut que l'on se souvienne plus des victoires que des défaites. Pourtant, la défaite de Lionel Jospin est restée l'un des plus grands épisodes politiques de l'histoire de la Vème République, tant à l'échelle du Parti socialiste, que personnelle puisqu'elle a marqué un coup d'arrêt brutal à sa carrière. Il a été "l'homme du coup de tonnerre" qui a vu Jean-Marie Le Pen, alors président du Front national, accéder au second tour de l'élection présidentielle de 2002. 

Battu de 200.000 voix par le leader d'extrême droite, Lionel Jospin s'était retiré de la vie politique dans la foulée. Huit candidats de gauche et d'extrême gauche s'étaient présenté au premier tour du scrutin. Lionel Jospin a fait face à un destin contrarié par ce qui à l'époque parait comme impensable - ou presque avec l'accession pour la première fois au second tour de l'élection présidentielle du candidat d'extrême droite et la fin du match pré-écrit entre la droite, l'UMP et la gauche, le Parti socialiste. 

Cet événement politique a presque éclipsé 40 ans de vie politique. Lionel Jospin avait débuté sa carrière à la gauche de la gauche, avant de rejoindre en 1971 François Mitterrand. Il a connu une ascension dans l'appareil socialiste qui a abouti à sa nomination en tant que ministre de l'Éducation nationale de 1988 à 1992.

Artisan de la "gauche plurielle"

Chantre de "l'alliance rouge, rose et verte" comme l'a rappelé Jean-Luc Mélenchon dans un hommage, Lionel Jospin a incarné "la gauche plurielle", une alliance des socialistes avec les communistes et les écologistes. "Il était le spécialiste du rapport avec les communistes", a expliqué l'éditorialiste Alain Duhamel. "C'est lui qui a décompléxé les socialistes", a-t-il rappelé. 

Premier ministre de cohabitation sous la présidence de Jacques Chirac, pendant cinq ans, Lionel Jospin avait été nommé à Matignon en 1997 après la dissolution surprise et hasardeuse du président de la République qui a profité à la gauche, au détriment de la droite. Dans son gouvernement, "Lionel Jospin avait les représentants de tous les partis de gauche dans son gouvernement et ça marchait à la baguette", a raconté l'éditorialiste. "Avec lui, on obésissait et c'était pareil quand il est Premier secrétaire du PS. Il avait une autorité naturelle, il avait des convictions idéologiques assez raides mais qui avait un comportement assez pragmatique", a-t-il ajouté. 

Son mandat à Matignon a été marqué par la mise en place de la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle (CMU) et un contrat d'union civile - le PACS - pour tous les couples, lointain précurseur du mariage homosexuel. 

Premier secrétaire du PS jusqu'en 1988

Lionel Jospin est né dans une famille protestante en 1937 à Meudon près de Paris. Il avait fait ses armes sur les bancs de la prestigieuse École normale d'administration (ENA), entrant au ministère des Affaires étrangères en 1965. Parallèlement, l'ancien scout avait été à l'école d'un militantisme particulièrement austère, le groupuscule trotskiste de l'Organisation communiste internationaliste (OCI). 

Des décennies plus tard, alors qu'il était Premier ministre, des rumeurs affirmeront que Lionel Jospin a prolongé cet engagement semi-clandestin jusque dans les années 1980 alors même qu'il exerçait déjà des responsabilités au Parti socialiste. Lui s'en est toujours défendu. Cet ancien basketteur universitaire de bon niveau, grand, raide, lunettes à montures d'acier et cheveux frisés blanchis par le temps avait été élu député de Paris en 1981, dans la foulée de l'élection de François Mitterrand à l'Élysée et s'était vu confier la direction du Parti socialiste jusqu'en 1988.

De nombreuses personnalités de gauche, aujourd'hui aux manettes, datent leur engagement de cette époque. Défendant la candidature de Raphaël Glucksmann aux élections européennes de 2019 ou celle d'Anne Hidalgo à la présidentielle de 2022, Lionel Jospin était opposé à la ligne d'Olivier Faure, son successeur à la tête du PS depuis 2017. Ce dernier a salué la mémoire d'un "inspirateur" qui avait "amené la gauche plurielle au pouvoir". Il l'avait rejoint néanmoins ces derniers mois dans ses appels à éviter de censurer les gouvernements de François Bayrou et Sébastien Lecornu, au nom de la stabilité.     

RTL/CC

 


Le ministre d'État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux de la République démocratique du Congo, Guillaume Ngefa, est actuellement en mission officielle à Bruxelles pour renforcer la coopération judiciaire avec les institutions belges et l'Union européenne. Cette mission de cinq jours, qui a débuté le 23 mars 2026, vise à intensifier la lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et les formes de criminalité économique organisée.

Au cours de son séjour, il aura des échanges avec des responsables de haut niveau, notamment les Ministres fédéraux de la Justice, de l'Intérieur, de l'Asile et de la Migration, ainsi que la Procureure fédérale belge. Il rencontrera également des représentants de l'Union européenne pour discuter de la protection des droits fondamentaux et du renforcement de l'État de droit.

Cette mission vise également à obtenir un appui technique et institutionnel pour accélérer les réformes en cours dans le secteur de la justice en RDC, notamment en matière de gouvernance, de discipline, de transparence et de modernisation des procédures. Le nouveau Tribunal pénal économique et financier et son parquet sont également au cœur des discussions.

En somme, cette mission marque un pas important vers une coopération judiciaire renforcée et plus efficace entre la RDC et l'Europe, avec pour objectif ultime de lutter contre la criminalité transnationale et de promouvoir la stabilité et le développement en RDC.

 Serge Mavungu



L’Union sacrée de la Nation (USN) a officiellement pris acte de la démission de Modeste Bahati Lukwebo de ses fonctions de 2ᵉ vice-président du Sénat.

Dans un communiqué signé le 19 mars 2026 à Kinshasa, le Secrétariat permanent de la plateforme présidentielle, dirigé par André Mbata, indique que l’USN procédera, après concertations internes, à la désignation d’un candidat pour occuper ce poste de 2ᵉ vice-président du Sénat, devenu vacant.

Selon lui, le sénateur siégeait au nom de la majorité parlementaire, l’Union sacrée de la Nation.

« Le Secrétariat permanent présentera le moment venu son candidat », précise le communiqué.

Dans ce même document, la plateforme dirigée par André Mbata salue une « décision courageuse » et met en avant « le sens élevé de responsabilité » de Modeste Bahati Lukwebo. La plateforme souligne également son engagement renouvelé ainsi que sa loyauté envers la haute autorité politique.

Notons qu’une plénière est convoquée au Sénat pour adopter le calendrier des matières de la session de mars, mais aussi pour tabler sur les conclusions de la commission spéciale qui devait examiner la pétition initiée contre Modeste Bahati.

MD



La République démocratique du Congo s’apprête à faire rayonner sa culture sur la scène internationale à l’occasion de la 61ᵉ édition de la Biennale de Venise, prévue du 9 mai au 22 novembre 2026 en Italie.

L’annonce a été faite samedi 21 mars à Kinshasa, lors d’une conférence de presse organisée par le ministère de la Culture, arts et patrimoine, en partenariat avec la Fondation Damso. Cette participation s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la visibilité du pays sur la scène artistique mondiale.

Une vitrine pour la culture congolaise

Considérée comme l’un des rendez-vous artistiques les plus prestigieux au monde, la Biennale de Venise offrira une plateforme de choix pour mettre en lumière la richesse culturelle congolaise, selon la ministre de la Culture, arts et patrimoine, Yolande Elebe.

Des œuvres d’art et divers objets culturels seront exposés à un public international, dans l’objectif de valoriser l’identité artistique du pays au-delà de ses ressources naturelles.

Pour l’artiste comédien Rock Bodo, cette participation constitue une opportunité majeure de faire découvrir la diversité et la profondeur de la culture congolaise.

« Simba Moto », un projet pour s’imposer sur la scène mondiale

Cette présence est portée par le projet « Simba Moto », qui traduit la volonté des autorités congolaises de s’inscrire durablement dans les grands circuits artistiques internationaux.

Mme Elebe indique que cette initiative marque une étape importante dans la promotion de la créativité congolaise à l’échelle mondiale.

La 61ᵉ Biennale de Venise se déroulera sur une période de six mois, attirant artistes, critiques et amateurs d’art venus du monde entier.

À travers cette participation, la RDC entend affirmer son identité culturelle et renforcer sa présence dans les grandes manifestations artistiques internationales, affirme Yolande Elebe. 

radiookapi.net/CC



Les autorités provinciales de Kinshasa passent à la vitesse supérieure dans le but de réorganiser le secteur des transports dans la capitale congolaise. Jeudi 19 mars, les ministres provinciaux des Transports et de l'Intérieur, avec les associations de motocyclistes ("Wewa"), ont lancé le processus d'identification et de numérotation des motos.
Cette mesure vise à renforcer la sécurité et à lutter contre l'anarchie, en dépit de tensions sociales persistantes.
Les autorités provinciales affirment que cette mesure vise à mieux organiser la circulation, renforcer la sécurité et mettre fin aux pratiques jugées anarchiques. Elles ont aussi demandé aux responsables d’associations des motards de sensibiliser leurs membres afin d’obtenir une large adhésion à cette réforme.
Le ministre provincial des Transports, Jesus Noel Sheke, a, par ailleurs, insisté sur leur collaboration avec les agents chargés de la perception de la taxe de stationnement sur le terrain.
De son côté, le ministre provincial de l’Intérieur, Jeannot Cannon, a rappelé la nécessité d’une coordination étroite entre les communes, les services techniques et les associations pour garantir le succès de cette opération.
Ce processus d'identification et de numérotation des motos vient d’être lancé, alors que la ville de Kinshasa était paralysée les 16, 17 et 18 mars par une grève de chauffeurs des taxis et taxi-bus privés, dénonçant des tracasseries routières.

radiookapi.net/CC

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Ali Kalonga

Directeur de la Rédaction

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