Le parolier congolais Pascal Poba a été honoré à titre posthume par le Conseil national de la musique (CONAMU-RDC). Lors de la cérémonie funéraire organisée lundi à Kinshasa, il a reçu un diplôme d’honneur le consacrant meilleur parolier de la rumba congolaise du premier quart du XXIᵉ siècle.

Reconnu pour la profondeur de ses textes et sa capacité à raconter des histoires à travers la musique, Pascal Poba a marqué plusieurs générations d’artistes congolais. Son talent d’écriture s’est illustré dans de nombreux succès de grands noms de la rumba.

Parmi ses œuvres les plus connues figurent notamment « Maman » de Papa Wemba, « Chantal Switzerland », « Fleur d’amour » et « Papson » de Werrason, « Mercure » de Ferre Gola, ainsi que plusieurs titres de Koffi Olomidé et JB Mpiana.

Son répertoire comprend également des chansons devenues populaires comme « Mwana Mpwo » et « Tokufa Pona Congo », ainsi que plusieurs œuvres écrites pour Adolphe Dominguez.

À travers cette distinction, le CONAMU-RDC rend hommage à un homme dont les mots ont contribué à écrire une partie importante de l’histoire de la rumba congolaise.

Ordi Mande



Le Karmapa, légende de la rumba congolaise, a confié lors de son passage dans l’émission B-One Music présentée par Papy Mboma qu’il souffre d’importants troubles de la mémoire suite à une grave maladie l’ayant contraint à se faire soigner en Europe. L’artiste exprime toutefois son optimisme quant à sa récupération progressive.

Une maladie qui a bouleversé sa vie

Le Karmapa, de son vrai nom Jean-Jacques Kibinda Pembele, a brisé le silence sur les raisons de son absence prolongée de la scène artistique. Lors de son apparition télévisée ce dimanche, l’auteur-compositeur-interprète congolais a révélé avoir traversé une période critique de sa santé. « J’étais malade. Très malade. Les enfants ont décidé que je parte en Europe afin de poursuivre mes soins. C’est là que j’ai été interné. C’est ce qui a justifié mon absence et retardé la sortie de l’album », a-t-il expliqué avec franchise.

Cette hospitalisation en Europe a marqué un tournant majeur dans la vie personnelle et professionnelle du Prince de la rumba congolaise, justifiant ainsi les interrogations de ses nombreux fans sur son silence musical prolongé.
 

Des séquelles cognitives persistantes

Les conséquences de cette maladie vont au-delà de la simple récupération physique. Le Karmapa a confessé souffrir de troubles importants de la mémoire qui affectent significativement son quotidien et son travail créatif. « J’oublie souvent. J’oublie énormément de choses, parfois même les noms des gens. Il m’arrive même d’oublier mes propres titres », a-t-il avoué avec une certaine émotion. Ces aveux témoignent de la gravité des séquelles qu’il traverse et de la vulnérabilité d’une grande figure artistique face aux aléas de la santé.

Pour un musicien dont la carrière repose sur la création et l’interprétation, ces troubles de la mémoire constituent un défi considérable, tant sur le plan professionnel que personnel.

Un optimisme teinté de réalisme

Malgré ces défis, Le Karmapa affiche une détermination à rebondir. « Aujourd’hui, je suis en forme et j’espère me rattraper. Le médecin m’a demandé de me reposer, et j’ai déjà eu ce repos. Mais l’âge avance aussi. Je ne serai sans doute plus jamais rétabli à 100 %, mais je suis en forme », a-t-il déclaré avec une lucidité touchante. Cette déclaration équilibrée montre un artiste conscient de ses limites tout en refusant de se laisser abattre par les circonstances.

Un patrimoine artistique incontournable

Le Karmapa demeure une figure majeure de la musique congolaise malgré cette épreuve. Révélé en 2003 avec son premier album Je m’appelle toi (Love moi), il s’est rapidement imposé grâce à une rumba mélodieuse privilégiant les textes et les émotions, à contre-courant de la domination du ndombolo de l’époque. Ce positionnement lui a valu le surnom mérité de « Prince de la rumba congolaise ».

Au cours de sa carrière s’étendant sur plus de deux décennies, Le Karmapa a sorti plusieurs albums remarqués, dont Le Temps de l’amour (2005), Riposte (2008), Le Millionnaire (2013) et Caligula (2017). Des chansons incontournables comme « La Duchesse », « I Love You TF1 », « Bileyi ya Mobali » et « Blessé de cœur » figurent parmi ses plus grands succès, témoignant de son impact durable sur la rumba moderne.

Connu pour ses textes engagés et ses observations pertinentes de la société congolaise, Le Karmapa reste une voix respectée et écoutée. Son combat contre la maladie et sa volonté affichée de poursuivre sa mission artistique inspirent ses admirateurs, qui attendent avec impatience son retour complet à la création musicale.
 
mbote/CC


Le président de la République, Félix Tshisekedi, a instruit le Gouvernement de faire de la réforme de l'Inspection générale du travail (IGT) une priorité, en veillant à la mise en œuvre immédiate du cadre juridique régissant cette institution. Cette directive a été donnée lors de la 94ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue vendredi à Kinshasa.

Selon le compte rendu présenté par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le Chef de l'État a chargé le Gouvernement, sous la coordination de la Première ministre, d'appliquer sans délai les textes encadrant l'IGT, notamment en renforçant son autonomie administrative et financière et en finalisant son organisation.

Le ministre de l'Emploi et du Travail, en collaboration avec ses collègues du Budget, de la Fonction publique, des Finances ainsi que les autres services concernés, devra également veiller à une rémunération conforme au statut des inspecteurs et contrôleurs du travail, tout en garantissant la mensualisation régulière de leurs avantages.

Félix Tshisekedi a, en outre, exigé l'accélération de la modernisation de l'Inspection générale du travail à travers sa digitalisation, la dématérialisation des procédures, le déploiement d'outils numériques, la création d'une base nationale des inspections et le renforcement des mécanismes de contrôle.

La réforme prévoit également un programme permanent de formation et de spécialisation des inspecteurs, ainsi qu'une harmonisation des pratiques de contrôle et des régimes de sanctions, afin de garantir davantage de transparence, de sécurité juridique pour les entreprises et d'égalité de traitement sur l'ensemble du territoire national.

Par ailleurs, le président de la République a demandé au Gouvernement de proposer toutes les mesures administratives, réglementaires, budgétaires et organisationnelles nécessaires pour assurer un fonctionnement efficace et durable de cette institution. Une feuille de route assortie d'un calendrier précis de mise en œuvre et d'indicateurs de performance devra être soumise au Conseil des ministres dans les meilleurs délais.

À travers cette réforme, Félix Tshisekedi entend obtenir des résultats rapides et mesurables afin de doter la RDC d'une Inspection générale du travail moderne, crédible et performante, capable de mieux protéger les travailleurs, de favoriser la formalisation de l'emploi, d'améliorer le climat des affaires et de renforcer l'État de droit social.

Kevin Mbiya



Les propriétaires de véhicules circulant à Kinshasa n’ont plus que quelques semaines pour se mettre en règle.
 
À travers un communiqué officiel publié ce mercredi 8 juillet 2026, la Régie des Fourrières et de Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK) a annoncé le lancement officiel du contrôle technique obligatoire pour tous les engins roulants de la capitale.
 
Cette mesure s’inscrit dans le cadre de l’application de l’Arrêté Ministériel N°VPM/MTVCD/CAB/085/2025 du 12 novembre 2025 réglementant le contrôle technique en RDC, ainsi que de l’Arrêté Provincial N°SC/0072/CAB/GVK/DBL/2025 du 20 mars 2025 portant création de la RFCK.

Un contrôle obligatoire tous les six mois

Désormais, le contrôle technique automobile revêt un caractère non seulement obligatoire, mais également semestriel. Les usagers de la route devront soumettre leurs véhicules à cette inspection deux fois par an, soit six mois après le précédent contrôle.

Toutes les catégories de véhicules circulant dans la capitale sont concernées par cette obligation :

  • Les motos
  • Les voitures
  • Les camionnettes
  • Les camions de moins de vingt tonnes
 

La RFCK invite les propriétaires à se rendre volontairement dans les différents centres agréés de la ville pour effectuer ces vérifications techniques indispensables à la sécurité routière.

Fin du délai le 8 août et bouclage général le 10 août

L’autorité urbaine a fixé une date limite stricte pour permettre aux automobilistes de régulariser leur situation. Les assujettis ont jusqu’au samedi 08 août 2026 pour soumettre leurs véhicules au contrôle technique.

Le Directeur Général de la RFCK, Joseph Kasinzi Mafolo, s’est voulu très ferme :

« La RFCK exhorte les assujettis à ne pas attendre la date butoir car aucune excuse ne sera admise. »

Le calendrier est déjà tracé. Passé ce délai, les forces de l’ordre et les agents de la régie passeront à la vitesse supérieure. Un bouclage général sera rigoureusement organisé à partir du lundi 10 août 2026 sur toute l’étendue de la ville de Kinshasa.

Les conducteurs non en règle s’exposent à des sanctions sévères et à la mise en fourrière immédiate de leurs véhicules.

mbote/CC



Gaz Mawete prépare une nouvelle sortie musicale. L’artiste congolais a annoncé la disponibilité de son titre « Nako Funda Yo », en featuring avec Chily, ce mercredi sur toutes les plateformes de téléchargement et de streaming.

À travers cette publication, Gaz Mawete donne rendez-vous à ses fans pour découvrir cette nouvelle collaboration qui marque une nouvelle étape dans son actualité musicale.

Le morceau sera accessible au public sur les principales plateformes d’écoute dès sa sortie officielle.

Ordi Mande



« La tenue d'un dialogue national inclusif s'impose comme la solution prioritaire pour sortir la République démocratique du Congo de sa crise multidimensionnelle », c’est le principal message porté, lundi 6 juillet à Bujumbura, par la coalition de l'opposition congolaise C64. C’est à l'issue de consultations séparées menées par le président burundais et président en exercice de l'Union africaine, Évariste Ndayishimiye. Tout en insistant sur le respect de l'ordre constitutionnel, l'opposition affirme que toutes les forces politiques majeures du pays s'accordent désormais sur la nécessité de ces assises.

Ces consultations de haut niveau visaient à recueillir les propositions des acteurs congolais face à la triple crise politique, sécuritaire et institutionnelle qui frappe la RDC. Outre la coalition d'opposition C64, le chef de l'État burundais a également reçu séparément les représentants de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l'Église du Christ au Congo (ECC) ainsi que de la Plateforme des confessions religieuses et des Églises du Réveil en RDC.

Pour Franklin Tshiamala, secrétaire général du parti LGD et membre de la coalition C64, ces échanges marquent une avancée décisive :

« Nous avons livré chacun notre point de vue par rapport à la crise profonde et multidimensionnelle que notre pays connaît et nos propositions en vue d'en sortir. Globalement, tout le monde convient qu'il faille tenir un dialogue inclusif dans le cadre duquel toutes les composantes importantes, tous les leaders qui ont de l'ancrage dans notre pays devront être participants pour envisager les voies et les moyens de pouvoir sortir de l'escalade dans laquelle nous nous trouvons et qui empêche notre pays de pouvoir avancer sur son agenda de développement. Et nous pensons que c'est positif, ça avance sur la bonne voie, nous sommes sur la voie de la tenue du dialogue. »

Un appel parallèle à la cohésion et au respect des institutions

Si l'opposition pousse pour des discussions élargies, les leaders religieux ont quant à eux insisté sur la stabilité de l'État. L'archevêque Évariste Ejiba Yamapia, président de la Plateforme des confessions religieuses et des Églises du Réveil en RDC, a mis en avant la sauvegarde de l'unité nationale :

« Le seul message, il fait appel à l'unité, à la cohésion nationale, à être ouvert et surtout au respect des institutions de la République. Les autres détails, lui-même, avec son homologue, le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ils vont voir quelles sont les orientations qui seront données. »

À l'issue de ces différentes rencontres, la présidence burundaise a indiqué que le président Évariste Ndayishimiye s'est félicité de la qualité des échanges. Il a salué l'engagement ferme exprimé par l'ensemble des participants en faveur de la paix, de la stabilité et de la sécurité, non seulement en RDC, mais également dans toute la région des Grands Lacs.

radiookapi.net/CC



Le pavillon national congolais a officiellement retrouvé le ciel européen. Le mercredi 1er juillet, le vol inaugural d’Air Congo a décollé de l’aéroport international de N’djili à Kinshasa à destination de Bruxelles, marquant le retour de la République démocratique du Congo sur la scène aérienne internationale après plus de 25 ans d’absence.

Pour cette première liaison, un Boeing 787 aux couleurs d’Air Congo, doté d’une capacité de 300 sièges, a assuré le trajet entre Kinshasa et la capitale belge. Le vol, d’une durée d’environ huit heures, a été accueilli avec satisfaction par les passagers.

À l’embarquement comme à l’arrivée, l’événement a suscité une vive émotion. Parmi les voyageurs, un passager congolais a qualifié ce vol de « moment historique ». Il a également exprimé sa fierté de voir à nouveau un avion aux couleurs nationales survoler l’Europe après plus de deux décennies d’absence.

Du côté des autorités, cette reprise dépasse le cadre d’une simple liaison commerciale. Elle est présentée comme le symbole de la renaissance du transport aérien national et de la fin de plusieurs années de dépendance à des compagnies étrangères pour assurer cette desserte internationale.

Sur le plan commercial, Air Congo entre désormais en concurrence directe avec Brussels Airlines, qui exploitait jusqu’ici la liaison entre Kinshasa et Bruxelles dans une situation de quasi-monopole.

La compagnie nationale prévoit d’assurer cette liaison quatre à cinq fois par semaine, avec des vols programmés les mercredi, vendredi, samedi, dimanche et lundi.

Toutefois, ce retour intervient dans un contexte réglementaire particulier. La RDC figure toujours sur la liste noire de l’Union européenne, ce qui interdit aux compagnies congolaises de survoler l’espace aérien européen.

Pour contourner cette restriction, Air Congo a recours à un contrat de « wet lease » conclu avec Ethiopian Airlines. Ce dispositif permet à la compagnie congolaise d’exploiter un Boeing 787 fourni par le partenaire éthiopien, avec son équipage, sa maintenance et son assurance. Ethiopian Airlines n’étant pas concernée par les restrictions européennes, le vol peut ainsi être opéré en toute conformité.

Selon le ministère des Transports, cette formule constitue une solution transitoire, dans l’attente d’une mise à niveau complète du secteur aérien congolais afin de satisfaire pleinement aux normes internationales de sécurité.

radiookapi.net/CC



Initialement prévue pour ce mercredi 8 juillet 2026, la coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a décidé de reporter au mercredi 22 juillet 2026 sa manifestation prévue à Kinshasa et ailleurs, avec comme point de chute dans la capitale le Palais de la Nation, bureau officiel du Président de la République. Cette mobilisation s’inscrit dans une contestation contre le changement de la Constitution en vue d’un éventuel nouveau mandat de l’actuel chef de l’État, Félix Tshisekedi, à la veille de la fin de son second et dernier mandat à la tête du pays.

Cette organisation politique de l’opposition justifie sa décision par le fait qu’elle a reçu une invitation du président de la République du Burundi, président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye dans le cadre de consultations consacrées à la situation politique, sécuritaire et institutionnelle de la RDC. Pour cette organisation composée de Martin Fayulu, Delly Sesanga, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund et d’autres, la C64 a décidé, dans un esprit de responsabilité, de répondre favorablement à cette initiative.

Convaincue que toute voie sérieuse susceptible de favoriser la préservation de l’ordre constitutionnel mérite d’être explorée, la coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) entend profiter de cette rencontre pour présenter, selon l'organisation, avec clarté et fermeté, les préoccupations du peuple congolais ainsi que les dangers qui pèsent aujourd’hui sur la démocratie et la stabilité de la RDC.

Interrogations sur une nouvelle dynamique diplomatique

À la suite de cette évolution de la situation sociopolitique congolaise, et alors que Félix Tshisekedi séjourne en République du Congo pour des rencontres avec son homologue Denis Sassou Nguesso, des questions se posent : s’agit-il d’une initiative censée régler la crise politique et sécuritaire en RDC ? Évariste Ndayishimiye a-t-il reçu une mission de Félix Tshisekedi ?

« Un nouveau processus du Burundi semble se dessiner. Plusieurs questions s’imposent. S’agit-il d’une initiative du Burundi, de la RDC ou d’un nouveau processus de l’Union africaine ? Si c’est celui de l’UA, pourquoi ouvrir un nouveau cadre alors que les processus de Luanda, de Nairobi et la médiation du Togo étaient censés être harmonisés et n’ont toujours pas produit les résultats attendus ? L’Union africaine a-t-elle officiellement confié un nouveau mandat de médiation au Burundi ou au président en exercice de l’UA ? Si oui, lequel et avec quels objectifs ? », s’interroge sur son compte X Francine Muyumba, cadre du FCC de Joseph Kabila

Poursuivant sa réflexion, l’ancienne sénatrice élue du Haut-Katanga doute de la neutralité de Évariste Ndayishimiye, qu’elle considère comme partie au conflit au regard de la présence de militaires burundais en RDC aux côtés des FARDC. Elle fustige également la multiplication des initiatives diplomatiques, estimant qu’elles n’aident pas à résoudre la crise actuelle.

« Pourquoi les processus précédents ont-ils échoué ? Les raisons sont connues : l’absence de volonté politique de mettre en œuvre les engagements pris. Le Burundi, dont les forces sont engagées sur le territoire congolais, peut-il être perçu par l’ensemble des parties comme un médiateur suffisamment neutre et crédible ? À force de multiplier les processus sans résultats tangibles, on donne l’impression d’une distraction diplomatique et d’une perte de temps. La paix en RDC ne naîtra pas d’une succession de médiations, mais d’une volonté politique sincère et d’un dialogue national inclusif, porté par les Congolais eux-mêmes », a-t-elle affirmé.

José Makila critique le rôle du médiateur burundais

José Makila Sumanda, ancien cadre du Mouvement de libération du Congo (MLC) et ancien gouverneur de l’Équateur, n’a pas apprécié la décision de ses collègues de l’opposition d’accepter l’invitation du président burundais et de reporter la manifestation du 8 juillet 2026. Intervenant lors d’un Space X avec Martin Fayulu, organisé par Stanis Bujakera, il a estimé que le président burundais n’est pas bien placé pour convoquer les opposants congolais à un dialogue.

« Ce monsieur (NDLR : Évariste Ndayishimiye) fait partie intégrante du conflit au Congo ! Comment va-t-il résoudre ces problèmes pour que les Congolais retrouvent la paix ? », a-t-il déclaré. « De qui tient-il ce mandat ? », a-t-il poursuivi, rappelant que « les troupes burundaises interviennent dans le conflit à l’Est », et s’interrogeant sur le rôle du médiateur togolais Faure Gnassingbé après le retrait du président angolais João Lourenço.

Il ajoute : « Ce n’est pas parce qu’il est président de l’Union africaine qu’il peut appeler les gens n’importe comment. »

Pour ce proche de Joseph Kabila, la C64 ne doit pas « tomber dans le piège de Félix Tshisekedi Tshilombo ». Il rejette tout dialogue « pour les postes » et plaide pour « instaurer une CENI indépendante, faire une loi électorale » et organiser les élections en 2028, après le second mandat du président actuel. Il critique également le projet de réforme constitutionnelle porté par l’Union sacrée et rappelle l’importance de la Constitution du 18 février 2006 : « Sans cette Constitution, où Tshisekedi peut tirer son pouvoir ? »

Position de Martin Fayulu et objectifs de la C64

Martin Fayulu, invité au space de Stanis, estime que le rôle du président en exercice de l’Union africaine est secondaire dans ce débat. « Ça, ça ne nous regarde pas. Ce qui nous regarde, c’est qu’il est président en exercice de l’Union africaine », a-t-il déclaré. Il précise : « La finalité de notre démarche, de notre engagement, de notre combat, c’est que la loi fondamentale soit respectée. Et qu’en deux-mille-vingt-huit, nous puissions avoir des élections, Tshisekedi avec ses deux mandats usurpés, il part. »

Pas de recul de l’opposition selon la C64

Martin Fayulu rejette toute idée de recul de l’opposition après le report de la marche du 8 au 22 juillet. Il rappelle les mobilisations des 19 mai, 3 juin et 12 juin et insiste sur le fait que la C64 n’a pas pour objectif principal la manifestation, mais la défense de l’ordre constitutionnel et le respect du devoir de résistance à toute violation du régime institutionnel.

Position du président burundais sur la stabilité de la RDC

Avant cette invitation, Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, avait insisté lors de sa visite d’État de 48 heures à Kinshasa sur l’importance de la stabilité des institutions congolaises et de l’unité nationale face aux défis sécuritaires persistants dans l’Est de la RDC. Aux côtés de Félix Tshisekedi, il avait appelé les Congolais à préserver leur cohésion nationale et à surmonter leurs divergences.

« J’ai eu l’occasion de m’engager à toujours soutenir les institutions de la RDC dans ce travail important : celui de ramener la paix. Ce travail demande aussi que les institutions soient stables. Ici, j’ai appelé, je conseille même tous les Congolais à rester unis. Il faut avoir confiance que vous avez un ennemi commun et, face à un ennemi commun, pour le combattre, il faut l’unité », avait-il déclaré.

Le président burundais a exhorté les différentes composantes de la société congolaise à privilégier le dialogue et à renforcer la cohésion nationale. Il a salué l’ouverture au dialogue de Félix Tshisekedi et réaffirmé sa disponibilité à accompagner toute initiative visant la stabilité de la RDC.

Autres acteurs concernés et absence de dialogue formel

Selon plusieurs sources relayées par RFI, l’invitation aurait également été adressée à Denis Mukwege, à la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et à l’Église du Christ au Congo (ECC). Le camp de Joseph Kabila affirme ne pas avoir été formellement saisi.

Blocages persistants du dialogue national

En RDC, les positions restent divergentes. Le pouvoir privilégie un dialogue encadré par les institutions, tandis qu’une grande partie de l’opposition plaide pour un dialogue sous l’égide de la CENCO et de l’ECC. Ces deux confessions religieuses appellent à un dialogue inclusif, accompagné de mécanismes de justice transitionnelle, tout en rejetant toute idée d’impunité. Certaines organisations de la société civile ont toujours insisté également sur le fait que le dialogue ne doit pas être une « blanchisserie » politique.

Situation actuelle des initiatives de paix

À ce jour, aucun dialogue national formel n’a été convoqué. Les initiatives diplomatiques de Washington et de Doha se poursuivent sans résultats tangibles sur le terrain, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Dans ce contexte, la médiation angolaise reste discrète ces derniers mois, malgré des échanges diplomatiques réguliers entre Kinshasa et Luanda.

Clément MUAMBA

A Propos

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