La libération provisoire du rappeur Maître Gims, ambassadeur de la culture pour la jeunesse de la République démocratique du Congo, après 48 heures de garde à vue pour blanchiment présumé, a été saluée par Koffi Olomide dans une vidéo consultée samedi par l’ACP. « La vie d’une méga super star est faite de turbulences mais aussi de victoires. Je voudrais qu’ensemble nous célébrions Gims qui a retrouvé sa liberté.
La justice française n’a pas jugé utile de le garder en garde à vue. Je m’en réjouis comme le jour de la naissance de mon premier fils. Faites comme moi », a déclaré le chanteur Koffi Olomide. « On nous l’a répété. À cette occasion, Gims est un Congolais et un immense ambassadeur de la culture congolaise. Réjouissons-nous tous. Et vivement qu’il continue d’être le Dieu de la musique, la toiture de la musique du monde, comme il l’est. J’ai le pressentiment qu’on va en avoir dix (…)», a-t-il ajouté. Le rappeur, de son vrai nom Gandhi Djuna, fils du chorégraphe congolais Djuna Djanana, a été interpellé mercredi 25 mars à son arrivée à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle.
Cette arrestation a suscité de nombreuses réactions parmi ses fans ainsi que dans le milieu artistique, notamment de la part de Koffi Olomide qui lui a exprimé publiquement son soutien. Maître Gims a été remis en liberté vendredi 27 mars, avant d’être placé sous contrôle judiciaire après sa présentation devant un juge d’instruction.
L’enquête en cours porte sur un réseau présumé de blanchiment international impliquant plusieurs sociétés et des montages financiers complexes, liés notamment à un projet immobilier de luxe à Marrakech. En janvier 2022, Maître Gims et son frère Dadju avaient été élevés au rang d’ambassadeurs culturels de la République démocratique du Congo par le Président Félix Tshisekedi, en reconnaissance de leur contribution à la promotion de la culture congolaise à l’échelle internationale.
ACP/C.L./CC
Tenue samedi 28 mars à Gombe, une cérémonie d'échanges de vœux et de mise à l'honneur des femmes présidentes des Conseils d'administration a été organisée par le collectif des présidents des conseils d'administration(PCA) des entreprises et établissements publics, cette cérémonie marque la clôture des activités du mois de mars dédié aux droits des femmes au sein de l'administration publique.
L’engagement de la Première ministre Judith Suminwa, présente à cette cérémonie, dans l’accompagnement des Conseils d’administration dans leur mission a été salué par le collectif des présidents des Conseils d’administration.
La valorisation des femmes à des postes de gouvernance a été aussi présentée comme le renforcement des fondations des institutions de la République démocratique du Congo, lors de la même cérémonie.
« Reconnaître, célébrer et valoriser les femmes à des postes de gouvernance, c’est renforcer les fondations même de notre État et de nos institutions », a déclaré Gisele Kayembe, représentante des femmes PCA des entreprises et établissements publics.
CC
La 13e session de la Conférence des gouverneurs, en cours à Bandundu, a révélé mercredi un taux global d'exécution de 74% des recommandations issues de la 12e session tenue à Kolwezi (Lualaba). La journée de mercredi 25 mars, deuxième jour des travaux, a été consacrée à la présentation de l’état d’avancement des recommandations issues de la 12ᵉ session tenue à Kolwezi.
Selon les chiffres présentés par Jacquemain Shabani, ministre de l’Intérieur, le taux global d’exécution des recommandations a déjà atteint 74 % au deuxième jour des travaux.
Un niveau d’exécution majoritairement engagé
Selon le ministre, dans le détail, l’évaluation actualisée fait état de :
- 5 recommandations totalement exécutées (9 %) ;
- 36 en cours d’exécution (65 %) ;
- 13 non exécutées (24 %) ;
- 1 recommandation devenue caduque (2 %).
Il souligne que ces données traduisent un niveau d’engagement global jugé significatif, même si toutes les actions n’ont pas encore abouti.
Des projets structurants sur le long terme
M. Shabani souligne que plusieurs recommandations concernent des projets structurants qui doivent être exécutés sur le long terme.
Leur mise en œuvre devrait se poursuivre au-delà de 2026, ce qui explique en partie le nombre encore élevé de dossiers en cours d’exécution.
Cette évaluation intervient en prélude aux discussions de la 13ᵉ session, où les gouverneurs sont appelés à renforcer le suivi et l’application des décisions prises, dans un contexte marqué par des enjeux de gouvernance et de développement à l’échelle nationale.
Bilan mitigé de l’an dernier
Lors de la 12ème conférence, le collectif des gouverneurs, par la voix de Jacques Kyabula, alors gouverneur du Haut-Katanga, avait exprimé une vive inquiétude face à l'inexécution de la "grande majorité" des recommandations passées.
Parmi les points soulevés dans leur mémorandum figuraient :
- La Caisse nationale de péréquation : Les gouverneurs ont dénoncé la non-opérationnalisation de cet organe constitutionnel, censé corriger les inégalités de développement entre les provinces.
- La stabilité institutionnelle : Le recours jugé "abusif" aux motions de censure par certaines assemblées provinciales a été pointé comme un facteur de déstabilisation des exécutifs.
- Le social des élus : Le plaidoyer portait également sur le paiement régulier des émoluments des députés provinciaux.
radiookapi.net/CC
L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté, mercredi 25 mars 2026, une résolution historique qualifiant l’esclavage et la traite transatlantique des Africains de « plus grave crime contre l’humanité ». Porté par le Ghana au nom du Groupe des États d’Afrique, le texte a été approuvé par 123 voix, contre 3 et 52 abstentions, dans un contexte marqué par des divergences entre États membres.
Une résolution pour « affirmer la vérité »
Pour ses promoteurs, cette résolution constitue « un rempart contre l’oubli ».
Le président ghanéen, John Dramani Mahama, a salué un texte visant à « tracer la voie vers la guérison et la justice réparatrice ».
Le document souligne que la traite négrière et l’esclavage racialisé des Africains représentent des crimes d’une ampleur exceptionnelle, marqués par leur durée, leur brutalité et leurs conséquences durables. Il insiste également sur la nécessité de « remédier aux torts historiques » subis par les Africains et leurs descendants, notamment à travers des mécanismes de réparation.
Des divergences sur la « justice réparatrice »
Malgré son adoption, la résolution a suscité de fortes réserves. Les États-Unis ont rejeté le principe de « justice réparatrice », estimant qu’aucun droit légal à réparation ne pouvait être reconnu pour des faits qui n’étaient pas considérés comme illégaux au moment où ils ont été commis.
De leur côté, le Royaume-Uni et plusieurs pays européens, soutenus par l’Union européenne, ont exprimé des inquiétudes quant aux implications juridiques du texte, notamment sur une éventuelle application rétroactive du droit international. Londres a également mis en garde contre une « hiérarchisation des atrocités historiques ».
Pendant plus de quatre siècles, des millions d’Africains ont été arrachés à leur continent, réduits en esclavage et déportés vers les Amériques, où ils ont été exploités dans des conditions inhumaines, note le document.
Les séquelles de cette période se manifestent encore aujourd’hui à travers le racisme systémique, les discriminations et les inégalités persistantes. La résolution met en lumière ces conséquences durables, appelant à une reconnaissance accrue de cet héritage.
L’appel de l’ONU à des actions concrètes
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exhorté la communauté internationale à s’attaquer aux racines profondes des inégalités héritées de l’esclavage.
Il a plaidé pour des actions plus ambitieuses en faveur des droits humains, de l’égalité et de la dignité, tout en insistant sur la nécessité de garantir aux pays africains une meilleure maîtrise de leurs ressources naturelles et une place équitable dans les instances internationales.
« Nous devons désormais lever les obstacles persistants qui empêchent tant de personnes d'ascendance africaine d'exercer leurs droits et de réaliser leur potentiel », a-t-il déclaré, ajoutant :
« Nous devons nous engager pleinement et sans hésitation en faveur des droits de l'homme, de l'égalité et de la dignité inhérente à chaque personne »
Un vote symbolique mais controversé
Au total, trois pays, dont les États-Unis, Israël et l'Argentine ont voté contre la résolution, tandis que 52 États se sont abstenus.
Malgré ces divisions, le texte marque une étape importante dans la reconnaissance internationale des crimes liés à l’esclavage et dans le débat sur les réparations, ouvrant la voie à de futures discussions sur la justice historique et la mémoire collective.
radiookapi.net/CC
Le chanteur et rappeur congolais Gims a été placé en garde à vue en France pour être entendu dans une affaire de blanchiment en bande organisée, a-t-on appris mercredi auprès du parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco).
’artiste de 39 ans est entendu dans le cadre d’une « commission rogatoire de juges d’instruction », suivie par ce parquet parisien spécialisé, a précisé cette source, après une information du site Africa Intelligence.
Contacté par l’AFP, l’avocat du plus gros vendeur de disques de l’année 2025 en France, Me David-Olivier Kaminski, n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat.
CC
Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a révélé mardi qu’un incident de sécurité s’est produit à l’hôtel où séjourne la Première Dame de la République démocratique du Congo, Denise Nyakeru Tshisekedi, actuellement en visite aux États-Unis.
Selon les déclarations de M. Muyaya lors d’un briefing, des individus non encore formellement identifiés auraient tenté de s’introduire dans l’établissement hébergeant la Première Dame, qui est présente à Washington à l’invitation de l’épouse du président américain Donald Trump, dans le cadre d’un sommet des premières dames.
Le gouvernement congolais affirme être “en contact étroit avec les autorités américaines” pour faire toute la lumière sur les circonstances de cet incident, tout en précisant qu’il réserve de plus amples informations pour une communication ultérieure.
Cet événement survient alors que la Première Dame congolaise est en visite officielle aux États-Unis, dans le cadre d’un sommet réunissant les épouses des chefs d’État. Les autorités congolaises disent prendre cette affaire très au sérieux et entendent collaborer étroitement avec leurs homologues américains pour en faire toute la lumière.
Cette nouvelle alerte sécuritaire vient s’ajouter aux nombreuses tensions qui marquent les relations entre la RDC et le Rwanda ces derniers mois. Le gouvernement congolais n’a cependant pas étayé davantage les liens qu’il établit avec le pays voisin dans cette affaire.
mbote/CC
Le parc des Virunga a annoncé ce mardi 24 mars, l’enregistrement d’un deuxième ensemble rare de gorilles jumeaux de montagne. Cette naissance fait suite à celle de jumeaux en janvier dernier dans la famille Bageni. Cette fois, un nouveau couple a été identifié dans la famille Baraka, un événement exceptionnellement rare chez les gorilles de montagne. Les jumeaux, une femelle et un mâle, sont âgés d’environ deux semaines et font l’objet d’une surveillance étroite par les équipes de terrain.
La famille Baraka compte désormais 19 individus et il s’agit d’une septième naissance de gorille enregistrée dans le parc depuis le début de l’année.
Le 7 janvier 2026, le parc avait déjà annoncé la naissance de jumeaux gorilles de montagne au sein de la famille Bageni. Il s’agissait de la première naissance gémellaire enregistrée depuis le début de l’année, un événement rare chez cette espèce menacée. Ces nouveau-nés avaient alors porté à 59 le nombre total de membres de la famille Bageni, devenue la plus grande du parc.
Les naissances gémellaires chez les gorilles de montagne restent particulièrement délicates, les premiers mois étant critiques en raison de la dépendance totale des petits envers leur mère pour l’alimentation et les déplacements. Des mesures renforcées de surveillance et de protection ont été mises en place afin de suivre leur évolution.
Depuis le début de l’année, au moins huit bébés gorilles ont vu le jour dans différentes familles du parc, selon les équipes de protection sur place, un indicateur jugé encourageant pour la biodiversité de cette aire protégée.
Toutefois, le parc continue de faire face à des défis sécuritaires majeurs. Les conflits armés dans la région favorisent le braconnage des gorilles de montagne et la destruction de leur habitat. Les affrontements entre les forces armées de la République démocratique du Congo et les rebelles de l’AFC/M23, intensifiés depuis 2022, ont fortement perturbé les activités de conservation.
La population totale des gorilles de montagne est estimée à 1 063 individus dans la région couvrant le Rwanda, l’Ouganda et la République démocratique du Congo, selon un recensement réalisé entre 2016 et 2018. Dans le Parc national des Virunga, elle est évaluée à environ 350 individus d’après les estimations de 2021.
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le parc des Virunga, qui a célébré son centenaire l’année dernière, demeure un sanctuaire de biodiversité exceptionnel. Cependant, il reste confronté à la présence de groupes armés actifs dans l’est du pays depuis près de 25 ans, exposant les écogardes à des risques constants dans leur mission de protection de cet écosystème.
Josué Mutanava
Bien que placée sous le thème central : « Transformation du secteur agricole, pastoral et halieutique, développement rural et connexion aux marchés urbains », les crises récurrentes entre les gouvernements provinciaux et les assemblées provinciales, étaient au coeur du discours du Chef de l'État, Félix Tshisekedi, à l'ouverture des travaux de la 13e Conférence des gouverneurs, ce mardi 24 mars à Bandundu, chef-lieu de la province du Kwilu, à l’ouest du pays.
M. Tshisekedi a rappelé que la décentralisation n’a jamais eu pour vocation de transformer les provinces en foyers de tensions permanentes. Elle n’a jamais eu pour objet de substituer aux exigences de bonne gouvernance des logiques de confrontation, de captation ou de blocage. Mais la décentralisation vise à rapprocher l’État du citoyen, adapter l’action publique aux réalités locales, responsabiliser les acteurs territoriaux et faire émerger, dans chaque province, des dynamiques de développement conformes à leurs potentialités propres.
« J’attends donc de tous les acteurs provinciaux, et tout particulièrement des gouverneurs et des présidents des assemblées provinciales, qu’ils se montrent à la hauteur de cette responsabilité historique. Le contrôle parlementaire provincial est légitime. Il est nécessaire. Il est sain dans une démocratie. Mais il ne peut devenir un instrument de chantage politique ni d’instabilité chronique. Il ne peut être détourné de sa finalité pour servir des intérêts particuliers, des agendas personnels ou des équilibres précaires sans rapport avec l’intérêt général », a interpellé le Président Félix Tshisekedi dans son discours.
Et de poursuivre :
« De la même manière, l’autorité de l’exécutif provincial ne saurait s’exercer dans l’opacité, dans le mépris des textes et dans l’affaiblissement délibéré des mécanismes de redevabilité. Ce dont nos provinces ont besoin, ce n'est ni d'institutions paralysées ni d'institutions rivales, ce dont elles ont besoin, ce sont des institutions qui se respectent, qui coopèrent, qui se contrôlent mutuellement dans le cadre de la loi et qui gardent en toutes circonstances le souci supérieur des populations ».
Revenant sur le thème des travaux, le Président Félix Tshisekedi a souligné que la transformation des secteurs agricole, halieutique et pastoral ne se heurte pas uniquement à des défis techniques et financiers. Selon lui, elle se confronte également, trop souvent, à des faiblesses de gouvernance, à des blocages institutionnels, à des rivalités de pouvoir, à une mauvaise articulation entre les différents niveaux de décision et, parfois, à une compréhension imparfaite de ce que signifie réellement la décentralisation dans un État unitaire.
« Aucune politique agricole sérieuse ne peut prospérer dans un environnement marqué par des crises répétées entre gouvernements provinciaux et assemblées provinciales. Aucun investisseur, aucun partenaire, aucune communauté productive ne peut se projeter sereinement là où l’incertitude politique devient la règle, là où les conflits institutionnels paralysent l’action publique et là où les priorités varient au gré des calculs de circonstance. De la même manière, aucun développement rural durable ne peut naître dans un climat dominé par l’affrontement permanent, l’instabilité des équipes, la confusion des responsabilités ou la politisation excessive des mécanismes de contrôle », a souligné le Chef de l'État.
Depuis la promulgation de la Constitution de 2006, les gouvernements provinciaux et les assemblées provinciales peinent à parler le même langage, ce qui entraîne régulièrement des tensions récurrentes paralysant parfois le fonctionnement des provinces. À l’origine, on trouve des accusations mutuelles de mauvaise gouvernance, la politisation des pétitions contre les membres de l’exécutif, mais aussi des chantages, ouvrant parfois la voie à des contentieux devant les instances judiciaires.
Depuis l’année dernière, le gouvernement congolais, par le biais du Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, avait demandé aux bureaux des assemblées provinciales d’adopter une résolution suspendant les motions et pétitions « pendant cette période de guerre ». Cette instruction fait suite à une vague d’instabilité dans plusieurs provinces, marquée par la destitution récente de plusieurs gouverneurs et présidents d’assemblées provinciales.
S’exprimant le 5 octobre 2025 à Kinshasa, devant les gouverneurs des 26 provinces et les membres des bureaux des assemblées provinciales, Jacquemain Shabani avait rappelé les directives du Chef de l’État émises lors des précédentes conférences des gouverneurs. Il avait déploré le non-respect des engagements pris pour garantir un fonctionnement harmonieux des institutions provinciales et dénoncé la multiplication des initiatives parlementaires, souvent en violation du droit de réponse.
Si, pour les autorités du gouvernement central, cette décision vise à préserver la stabilité institutionnelle dans un contexte marqué par l’agression rwandaise via la rébellion de l’AFC/M23, les principaux concernés, à savoir les députés provinciaux, appellent à aller au-delà des simples communications politiques pour examiner les causes profondes des tensions récurrentes au sein des institutions provinciales.
Clément MUAMBA, Envoyé Spécial au Kwilu









