Un mémorandum d’entente a été conclu entre les ministères de la Justice de la République démocratique du Congo et de la Chine, marquant une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération judiciaire entre les deux pays. L’information a été rendue publique dimanche par le ministre congolais de la Justice, à son retour de mission officielle à Pékin.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté commune de structurer les échanges et de poser les bases d’une collaboration plus approfondie dans le domaine judiciaire.
Selon le ministre de la justice Guillaume Ngefa, cet accord constitue une avancée significative en ce qu’il permettra d’encadrer de manière formelle les interactions entre les deux systèmes judiciaires. Il a été souligné que ce mémorandum vise notamment à instaurer un cadre clair pour le développement de projets conjoints, tout en facilitant les échanges d’expertise entre les deux pays.
Dans le cadre de cette mission, le ministre a également insisté sur la nécessité pour les entreprises chinoises opérant en RDC de se conformer strictement à la législation congolaise, en raison de l’importance croissante des investissements chinois dans le pays. Par ailleurs, il a reconnu que le système carcéral chinois représente un modèle inspirant, mettant en avant les efforts déployés en matière de prise en charge des détenus.
Il a été relevé que la Chine consacre des ressources importantes à son administration pénitentiaire, permettant notamment un suivi psychologique régulier des détenus ainsi que l’accès à des infrastructures sanitaires de qualité, incluant des hôpitaux bien équipés. Un exemple concret a été évoqué, indiquant qu’un établissement conçu pour accueillir 1 200 détenus n’en héberge qu’environ 850, favorisant ainsi un encadrement individualisé et plus efficace.
Au regard de ces observations, les autorités chinoises ont exprimé leur disposition à accompagner la RDC dans l’amélioration de ses conditions carcérales. Cette coopération pourrait se traduire par un appui à la construction d’infrastructures modernes, notamment des « prisons intelligentes », intégrant les nouvelles technologies. L’ambition affichée par la RDC est de moderniser son système judiciaire et pénitentiaire en s’appuyant sur ces innovations.
Les échanges entre les deux parties ont également porté sur le fonctionnement global des systèmes judiciaires respectifs, incluant l’organisation des juridictions, le rôle du parquet et les conditions de détention. La délégation congolaise a visité une grande prison à Pékin, considérée comme un exemple en matière de rééducation des détenus, où la prison est conçue comme un espace favorisant la réinsertion sociale. Il a aussi été observé un niveau avancé de digitalisation, illustré notamment par l’utilisation de dispositifs de reconnaissance faciale.
Enfin, la question de la coopération dans la lutte contre la criminalité transnationale a été abordée, notamment en ce qui concerne les mécanismes de restitution des avoirs issus de la corruption. Le ministre a indiqué que les discussions ont mis en évidence la nécessité de conclure des accords formels, notamment sur le transfèrement des détenus et le renforcement des capacités des magistrats.
Dans cette perspective, il a été envisagé que 26 hauts magistrats congolais puissent se rendre en Chine d’ici la fin de l’année pour des échanges d’expérience, dans le but de consolider les bases d’une coopération judiciaire durable.
Gloire Balolage









