La militante congolaise Gloria Sengha est montée au créneau pour dénoncer les récentes prises de position de l’ancien Président Joseph Kabila, qu’elle accuse de tenter de réécrire l’histoire politique de la République démocratique du Congo.
Dans une déclaration au ton incisif, elle fustige l’attitude de l’ex-chef de l’État, estimant qu’il cherche à se poser en donneur de leçons sans assumer les réalités de son propre bilan.
« Joseph Kabila veut aujourd’hui se donner des airs de donneur de leçons. Très bien. Mais qu’il commence par respecter l’intelligence des Congolais », a-t-elle déclaré.
La militante rejette fermement toute tentative de minimisation des faits survenus durant les années de pouvoir de Joseph Kabila, notamment en ce qui concerne l’existence de prisonniers politiques.
« Prétendre qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques sous son régime relève de la falsification grossière de l’histoire. Les faits sont documentés, les témoignages existent, les archives parlent. Ce pays n’a pas la mémoire aussi courte qu’il l’espère », a-t-elle insisté.
Pour Gloria Sengha, le débat ne porte pas sur le droit de critique du pouvoir actuel, qu’elle considère légitime, mais sur une tentative de réhabilitation personnelle qu’elle juge inacceptable.
« Le problème n’est pas qu’il critique le pouvoir actuel. Tout le monde le fait. Le problème, c’est qu’il tente de se blanchir en réécrivant le passé. Et ça, c’est inacceptable », a-t-elle martelé.
Dans son analyse, elle rappelle que l’ancien Président ne peut se soustraire à sa responsabilité historique.
« Qu’il le comprenne une fois pour toutes : dénoncer les dérives actuelles ne lui donne aucun droit à l’innocence rétroactive. Il n’est pas un observateur extérieur. Il est un acteur central de la situation que nous subissons aujourd’hui », a-t-elle affirmé.
Enfin, la militante balaie l’argument des alliances politiques changeantes, estimant qu’elles ne sauraient effacer les faits du passé.
« Et non, le fait que certains de ceux qu’il a réprimés hier soient aujourd’hui dans son camp ne change rien. L’histoire ne s’efface pas parce que les alliances changent. Un minimum de décence serait d’assumer… pas de manipuler », a-t-elle conclu.









