Réuni ce mardi 23 septembre 2025 à Kinshasa, le Comité de Conjoncture Économique (CCE), présidé par la Première ministre Judith Suminwa, a confirmé une amélioration de la situation monétaire en République Démocratique du Congo (RDC). Le franc congolais (FC) s'est raffermi face au dollar américain.

Selon Daniel Mukoko Samba, le vice-premier ministre chargé de l'Économie nationale, cette appréciation de la monnaie est le résultat d'une stratégie en deux volets :

- La Banque Centrale du Congo (BCC) a ajusté les réserves obligatoires, ce qui a directement impacté la liquidité et la circulation de la monnaie ;

- Le Gouvernement a mis en œuvre un resserrement budgétaire rigoureux, en gérant plus efficacement les recettes fiscales.

"Cette coordination a permis au franc congolais de se raffermir", a-t-il précisé. 

Il a souligné que l'objectif est de maintenir cette dynamique pour atteindre un taux de change stable, favorable à l'activité économique.

La réunion a également abordé l'inquiétude des opérateurs économiques face aux saisies judiciaires sur les comptes des entreprises. Daniel Mukoko Samba a souligné que ce phénomène, qu'il qualifie d'éviction financière, pousse les entreprises à éviter de déposer leurs fonds dans les banques, par crainte des saisies.

"Les fonds qui devraient être déposés dans les banques sont mis de côté par crainte de saisies. Dans les prochaines semaines, des mesures seront annoncées pour rassurer les opérateurs économiques et restaurer la confiance dans le système bancaire", a-t-il affirmé. 

Il a ajouté que ces actions visent à renforcer la liquidité bancaire et à encourager l’investissement dans les secteurs clés de l’économie.

Le dernier point discuté a été la masse salariale, qui reste très élevée par rapport aux recettes fiscales. Bien que le pays s'approche d'un taux d'inflation de 7,8 % pour l'année, le Gouvernement est préoccupé par la soutenabilité de son budget.

"Si la masse salariale continue de croître sans contrôle, l’essentiel des recettes publiques sera absorbé par le paiement des salaires, au détriment des investissements en infrastructures et du développement. Des actions courageuses sont nécessaires pour garantir un équilibre entre dépenses courantes et investissements structurants", a averti le vice-premier ministre de l'Économie.

Depuis quelques jours, le taux de change dans les rues de Kinshasa se situe entre 2 700 et 2 750 francs congolais pour 1 dollar américain. Ce taux représente une baisse par rapport à la situation antérieure, où il atteignait 2 800 FC.

Merveil Molo



À la grande barrière de Goma, entre la RDC et le Rwanda, un bâtiment de la DGM -Direction Générale de la Migration- abrite désormais un flux incessant de clients. C’est là que la Bank of Kigali a installé un guichet bancaire, sous l’impulsion des rebelles du M23-AFC et avec l’appui de Kigali.

Il y a encore quelques mois, la CADECO -Coopérative d’épargne et de crédit du Congo- faisait office d’expérience pilote pour soutenir le commerce transfrontalier. Mais faute d’assise et de suivi, l’initiative s’est rapidement essoufflée. Le terrain resté vacant est aujourd’hui occupé par la Bank of Kigali, qui s’est imposée comme l’unique alternative financière dans les zones contrôlées par le M23-AFC.

Chaque jour, les recettes issues des services administratifs et commerciaux des zones sous occupation convergent vers ce point unique. Les files s’allongent, parfois du matin au soir.

Un habitant de Goma témoigne à nos confrères de libregrandlac.com : "Je suis arrivé à 9h30, mais je n’ai été servi qu’à 14h45. Les services de l’État comme les particuliers viennent y déposer leurs fonds. Même les francs congolais sont acceptés, mais à la fin de la journée, tout est transféré à Kigali."

La particularité de ce guichet tient à sa commission. Toutes les transactions s’effectuent en dollars américains, et un prélèvement automatique de 5 % s’applique sur chaque retrait. Pourtant, malgré ce coût supplémentaire, l’affluence ne faiblit pas. Dépôts et retraits se comptent par centaines, reflet d’une dépendance croissante des habitants et institutions à cette nouvelle structure.

Derrière cette dynamique bancaire se lit une stratégie plus large : canaliser les flux financiers de l’Est congolais vers Kigali. Cette centralisation, dans un contexte de crise sécuritaire et humanitaire, nourrit de vives inquiétudes sur l’érosion de la souveraineté économique congolaise.

opinion-info/CC



La première ministre, Judith Suminwa, a déposé ce lundi 15 septembre 2025, au bureau de l'Assemblée nationale, le projet de budget 2026.

Réceptionné par le speaker de la chambre basse du Parlement, Vital Kamerhe, ce projet de budget exercice 2026 est estimé à 20,3 milliards de dollars américains.


‎« Donc, c’est le projet de loi des finances pour 2026. Et donc, nous sommes dans un budget global de 59 milliards FC, donc l’équivalent de 20,3 milliards de dollars, avec un accroissement de 16% », a fait savoir Judith Suminwa.

‎‎A l'en croire, le gouvernement, à travers ce budget, va mettre l'accent particulier sur les questions sécuritaires, sociales et agricoles.



‎« Donc, on a évidemment mis un accent sur les questions sécuritaires, mais aussi sur toutes les questions qui concernent l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, l’éducation, la fonction publique. L’agriculture, vous verrez, quand on regarde à première vue, on a l’impression qu’on a baissé, mais il y a une répartition aussi au niveau des crédits d’investissement des provinces pour l’agriculture, ainsi qu’au niveau du PDL, 145T », poursuit-elle 

‎La Première ministre s'est fait accompagner par le vice-premier ministre du Budget Adolphe Muzito et du ministre des Finances Doudou Fwamba.

Roberto Tshahe Da Cruz



Samedi, 13 septembre 2025-À trois jours de l’ouverture de la session budgétaire de septembre, le gouvernement congolais vient de franchir une étape majeure. Ce vendredi, le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, assisté de son vice-ministre Elysé Bokumwana, a présenté et obtenu l’adoption en Conseil des ministres de l’avant-projet de loi de finances pour l’exercice 2026.

Ce texte évalue le budget national à 20,3 milliards USD, en équilibre entre recettes et dépenses, soit une hausse de 14,8 % par rapport à la loi de finances rectificative 2025.

Adolphe Muzito a souligné que l’objectif central de ce budget est de doubler les recettes courantes d’ici 2028, passant de 8,5 milliards USD en 2023 – à la clôture du premier quinquennat du président Félix Tshisekedi – à 17 milliards USD à la fin du second mandat.

Pour y parvenir, le gouvernement mise sur une mobilisation accrue des ressources, une réforme structurelle des finances publiques et une pression fiscale de 12,6 %, dans un cadre d’accompagnement avec le FMI.

Les prévisions macroéconomiques pour 2026

– Croissance économique : 5,3 %

– Inflation moyenne : 7,1 %

– Taux de change moyen : 2 900,3 FC/USD

– PIB nominal : 92,7 milliards USD

Les priorités de dépenses

L’avant-projet de budget prévoit : 4,4 milliards USD pour les rémunérations, 6,6 milliards USD pour les investissements publics.

Les axes prioritaires identifiés sont le financement de la riposte à la guerre, le développement des infrastructures et l’amélioration des salaires des agents publics, grâce notamment à des économies issues de la mise à la retraite progressive et du contrôle des effectifs dans l’administration, l’armée, la police et les entreprises publiques.

Un plaidoyer au Parlement

Muzito entend défendre au Parlement une projection rehaussée des recettes courantes, de 11,7 à 12 milliards USD, afin de libérer au moins 300 millions USD supplémentaires pour renforcer les politiques sectorielles.

Il a, à ce titre, sollicité l’appui du gouvernement lors des prochains débats à la Commission Économique et Financière (ECOFIN).

ITK



Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, est arrivé ce mardi 9  septembre 2025 à Astana, capitale de la République du Kazakhstan, pour une visite d’État de 48 heures.

D’après la dépêche de la cellule de communication de la présidence parvenue ce jour à 7SUR7.CD, cette  première visite marque une étape significative dans l’approfondissement de la coopération entre la RDC et ce pays d'Asie centrale, ancienne République soviétique. 

La même source indique qu’une rencontre au sommet entre le président du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokayev et son hôte Félix Tshisekedi aura lieu ce mercredi 10 septembre 2025 au palais présidentiel d’Akorda, suivie d’une réunion bilatérale élargie aux membres des délégations respectives.

À travers cette visite d’État, Kinshasa et Astana veulent entreprendre une coopération avantageuse dans plusieurs domaines, dont celui des mines.

À en croire la même source, c’est dans ce cadre qu’il sera procédé à la signature d’une série d’accords et mémorandums d’entente (MOU) dans les domaines de l’exploitation minière et de la géologie, couvrant l’exploration, l’extraction, l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les mines et la formation des cadres et techniciens.

Linda Lusonso



Le ministre de l'Agriculture et Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a révélé l'ambition de la RDC de devenir le premier producteur mondial de cacao d'ici cinq ans.

C'est dans la province de la Tshopo, lors du lancement de la campagne agricole 2025-2026 axée sur les cultures pérennes, qu'il a affirmé la capacité de la RDC à atteindre cet objectif.

« D’ici cinq ans, nous voulons faire de la RDC le premier producteur mondial de cacao. Nous avons les terres, le climat et la main-d’œuvre pour y parvenir », a-t-il déclaré. 

Il a souligné que cet objectif est en « parfaite » cohérence avec la vision du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui souhaite faire de l'agriculture le pilier de l'économie congolaise.

S'adressant aux agriculteurs, il les a encouragés à adopter ces cultures.

« Toute famille vivant au village doit planter du cacao, du café et du palmier à côté de sa maison. Nous venons vous aider à le faire », a-t-il souligné. 

Pour marquer le coup d'envoi officiel de la campagne, M. Nzangi a symboliquement mis en terre une première pépinière à la station de Bubuya Bera. Il a également précisé qu'une circulaire a été envoyée aux gouverneurs pour qu'ils identifient des parcelles dans chaque secteur et chefferie, afin d'y installer des pépinières communautaires.

La délégation ministérielle s'est également rendue sur le site de la Caben (Cacaoyer de Bengamisa), une plantation de près de 5 000 hectares abandonnée depuis environ 25 ans. En réponse aux appels locaux pour la réhabilitation du site, le ministre de l'Agriculture a assuré que le gouvernement s'engagera à redonner vie à cette exploitation. Il a soutenu que la relance de la Caben est perçue comme un élément clé pour dynamiser la filière cacaoyère, tant au niveau régional que national.

Actuellement, la RDC exporte environ 56.000 tonnes de cacao par an, avec un marché de niche prometteur pour le cacao biologique. Le pays est toutefois loin derrière les géants du secteur. Selon les prévisions de l'Agence Ecofin pour la campagne 2024-2025, la Côte d'Ivoire, le premier producteur mondial, devrait atteindre environ 1,8 million de tonnes, et le Ghana environ 617 500 tonnes.

Avec ses vastes terres arables, la RDC a le potentiel de transformer son économie, encore largement dépendante des ressources minières, en produisant plusieurs millions de tonnes de cacao.

Merveil Molo



La Première Ministre de la RDC -République démocratique du Congo-, Judith Suminwa Tuluka, a reçu mardi 2 septembre 2025, à l’hôtel du Gouvernement, une délégation qatarie conduite par Son Altesse Sheikh Mansour Bin Jabor Bin Jasim Al Thani. Au centre des échanges : une lettre d’intention annonçant un investissement de près de 21 milliards USD, concrétisé à travers un partenariat public-privé entre le gouvernement congolais et l’entreprise privée Al Mansour Holding.

Ce partenariat stratégique couvrira plusieurs secteurs clés, allant de l’agriculture, la pêche et l’élevage, à la santé, l’industrie pharmaceutique, la formation professionnelle, les infrastructures, les finances, la cybersécurité, ainsi que les mines, hydrocarbures et la gestion des déchets.

Reda Jaber, représentant du Sheikh, a souligné que la RDC constitue "une terre d’opportunités" et que ce projet vise à profiter à la fois au Qatar et au peuple congolais. De son côté, la Première Ministre Suminwa a salué l’initiative comme une illustration de l’ouverture de son gouvernement aux investissements privés. Elle a assuré les investisseurs qataris d’un accompagnement pour lever les obstacles et garantir la transparence.

Huit mémorandums d’entente sont en cours de finalisation pour concrétiser ce partenariat public-privé et lancer les premiers projets dans les secteurs prioritaires. Cette initiative marque un tournant pour la RDC dans la promotion des investissements internationaux et le renforcement de la coopération économique bilatérale.

 Serge Mavungu 

 

 


La République démocratique du Congo va pour la première fois émettre une euro-obligation, d’un montant de 1,5 milliard de dollars américains, a annoncé vendredi le ministère des Finances. L’objectif est de financer des infrastructures prioritaires et d’améliorer la connectivité nationale, conformément au Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028.

Un eurobond est un emprunt émis par un pays sur les marchés financiers internationaux, en devises fortes (généralement en dollars) pour attirer des investisseurs étrangers. En contrepartie, le pays s’engage à rembourser les capitaux empruntés, avec des intérêts, sur une période déterminée.

Selon le communiqué, cette opération est rendue possible par des indicateurs économiques jugés favorables : une inflation contenue à 7,8%, une faible dépréciation du franc congolais (1,1% sur les sept premiers mois de 2025), et une croissance économique estimée à 5,3% pour l’année.

La RDC bénéficie également d’une notation souveraine B- chez Standard & Poor’s et B3 chez Moody’s, toutes deux avec perspectives stables. Ce type de notation, bien que classé parmi les dettes « spéculatives », permet au pays de rassurer une partie des investisseurs.

Le gouvernement précise que le processus d’émission pourrait s’achever avant le 30 juin 2026. Il affirme vouloir utiliser ces fonds pour accélérer les réformes économiques, développer des infrastructures d’intérêt national et renforcer une croissance « inclusive, diversifiée et durable ».

actualite.cd/CC

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