La récente sortie médiatique de Joseph Kabila continue de susciter de vives réactions sur la scène politique congolaise. Dans une tribune publiée ce lundi sur son compte X, Eugène Diomi Ndongala n’a pas mâché ses mots, livrant une charge virulente contre l’ancien chef de l’État, qu’il accuse de « déni » et de refus d’assumer ses responsabilités.

Intitulée « Kabila, le virtuose du déni », cette tribune démonte point par point les déclarations de l’ex-président, à la suite de son interview accordée au The New York Times. Pour Eugène Diomi Ndongala, cette prise de parole ne constitue en rien une confession, mais plutôt « un numéro de prestidigitation » visant à éluder les responsabilités politiques de Joseph Kabila.

Au cœur des critiques, la gestion de l’élection présidentielle de 2018. L’opposant interprète les propos de l’ancien président « nous avons estimé qu’il était important pour la stabilité que le président ait la majorité » comme un aveu à demi-mot d’une volonté de conserver le pouvoir. « Il regrette le moyen, jamais la fin », tranche-t-il, dénonçant une logique politique qu’il estime à l’origine des crises actuelles.

La question sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo constitue également un point majeur de discorde. Eugène Diomi Ndongala accuse Joseph Kabila de complaisance, voire de proximité avec les rebelles du Mouvement du 23 mars et leurs alliés. Des accusations graves, que l’ancien président rejette catégoriquement, qualifiant de « stupide » toute tentative de lier sa personne à la rébellion.

Dans sa tribune, l’opposant revient également sur la période de répression politique sous le régime Kabila, évoquant « des centaines de prisonniers politiques ». Il rappelle notamment son propre cas, citant une décision du Comité des droits de l’homme des Nations unies qui avait reconnu son statut de prisonnier politique et exigé sa libération.

Autre point vivement critiqué : la déclaration de Joseph Kabila sur son « principal échec », qu’il attribue à son incapacité à transformer les Congolais en « meilleurs citoyens ». Une affirmation jugée « inacceptable » par Eugène Diomi Ndongala, qui y voit une tentative de faire porter la responsabilité de la gouvernance au peuple lui-même.

Enfin, la présence supposée de l’ancien président à Goma, zone sous influence rebelle, alimente les soupçons et les critiques. L’opposant dénonce une posture qu’il juge contradictoire avec le discours patriotique revendiqué par Joseph Kabila.

Dans un contexte politique et sécuritaire toujours tendu, cette nouvelle sortie médiatique illustre les profondes fractures qui persistent au sein de la classe politique congolaise, sur fond d’interprétations divergentes du passé et de luttes d’influence pour l’avenir du pays.

Don Benjamin Makolo



La militante congolaise Gloria Sengha est montée au créneau pour dénoncer les récentes prises de position de l’ancien Président Joseph Kabila, qu’elle accuse de tenter de réécrire l’histoire politique de la République démocratique du Congo.

Dans une déclaration au ton incisif, elle fustige l’attitude de l’ex-chef de l’État, estimant qu’il cherche à se poser en donneur de leçons sans assumer les réalités de son propre bilan.

« Joseph Kabila veut aujourd’hui se donner des airs de donneur de leçons. Très bien. Mais qu’il commence par respecter l’intelligence des Congolais », a-t-elle déclaré.

La militante rejette fermement toute tentative de minimisation des faits survenus durant les années de pouvoir de Joseph Kabila, notamment en ce qui concerne l’existence de prisonniers politiques.

« Prétendre qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques sous son régime relève de la falsification grossière de l’histoire. Les faits sont documentés, les témoignages existent, les archives parlent. Ce pays n’a pas la mémoire aussi courte qu’il l’espère », a-t-elle insisté.

Pour Gloria Sengha, le débat ne porte pas sur le droit de critique du pouvoir actuel, qu’elle considère légitime, mais sur une tentative de réhabilitation personnelle qu’elle juge inacceptable.

« Le problème n’est pas qu’il critique le pouvoir actuel. Tout le monde le fait. Le problème, c’est qu’il tente de se blanchir en réécrivant le passé. Et ça, c’est inacceptable », a-t-elle martelé.

Dans son analyse, elle rappelle que l’ancien Président ne peut se soustraire à sa responsabilité historique.

« Qu’il le comprenne une fois pour toutes : dénoncer les dérives actuelles ne lui donne aucun droit à l’innocence rétroactive. Il n’est pas un observateur extérieur. Il est un acteur central de la situation que nous subissons aujourd’hui », a-t-elle affirmé.

Enfin, la militante balaie l’argument des alliances politiques changeantes, estimant qu’elles ne sauraient effacer les faits du passé.

« Et non, le fait que certains de ceux qu’il a réprimés hier soient aujourd’hui dans son camp ne change rien. L’histoire ne s’efface pas parce que les alliances changent. Un minimum de décence serait d’assumer… pas de manipuler », a-t-elle conclu.

 Don Benjamin Makolo


La République démocratique du Congo poursuit ses consultations diplomatiques au sein des Nations Unies. L’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, représentant permanent de la RDC, a rencontré, lundi 30 mars 2026, à New-York, Lana Zaki Nusseibeh, ministre d’État des Émirats arabes unis chargée des relations avec l’ONU et l’Union européenne.

Les discussions ont porté sur les dynamiques sécuritaires régionales ainsi que sur un projet de résolution en cours d’examen au Conseil de sécurité, porté par le Royaume de Bahreïn au nom du Conseil de coopération des États du Golfe. Ce texte concerne notamment la situation dans le détroit d’Ormuz, un point stratégique pour la sécurité maritime internationale.

Au cours de l’entretien, la partie émiratie a exposé les contours de cette initiative et sollicité l’appui de la RDC, qui siège actuellement comme membre non permanent du Conseil de sécurité.

De son côté, la délégation congolaise a réaffirmé son attachement aux principes fondamentaux du droit international, notamment ceux consacrés par la Charte des Nations Unies et la Convention sur le droit de la mer, ainsi qu’au règlement pacifique des différends. Kinshasa a indiqué qu’une position officielle sera arrêtée après consultation des autorités compétentes.

Prosper Buhuru



Le ministère de la Culture, Arts et Patrimoine de la République démocratique du Congo a salué l’adoption, lors de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, de la résolution intitulée « Déclaration portant qualification de la traite des Africains réduits en esclavage et de l’esclavage racialisé des Africains de plus grave crime contre l’humanité ».

Ce texte reconnaît la traite transatlantique et l’esclavage comme les crimes les plus graves contre l’humanité, en raison de leur ampleur, de leur caractère systémique et des conséquences durables qu’ils continuent de produire dans le monde contemporain.

« Cette résolution souligne que ces injustices continuent d’alimenter des inégalités structurelles et appelle à une dynamique internationale de mémoire, de justice et de réparation », peut-on lire dans le communiqué publié par le ministère.

Adoptée le 25 mars par 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions, dont plusieurs pays européens, la résolution marque une étape politique et symbolique importante dans le débat international sur la mémoire de l’esclavage, les réparations et la reconnaissance des injustices historiques. Porté par le Ghana, chef de file de l’Union africaine sur la question des réparations liées à la traite transatlantique, le texte a été défendu à New York par le président ghanéen John Mahama, qui l’a qualifié d’« historique ».

« Aujourd’hui, nous sommes rassemblés solennellement et solidairement pour proclamer la vérité et poursuivre le chemin vers la guérison et la justice réparatrice », a-t-il déclaré au moment de l’adoption du texte, rappelant le calvaire d’environ 13 millions d’hommes, de femmes et d’enfants africains déportés en l’espace de quatre siècles.

Le texte attire également l’attention sur la restitution des biens culturels aux pays d’origine, notamment dans son article 9, qui encourage les États à faciliter le retour du patrimoine acquis dans des contextes d’injustice ou de domination. Cette disposition s’inscrit dans les priorités définies par le ministère congolais de la Culture pour la période 2025–2026.

La mémoire d’Ota Benga en ligne de mire

Dans cette perspective, le ministère de la Culture, Arts et Patrimoine rappelle avoir signé, le 24 janvier 2025, un protocole d’accord pour la création d’un mémorial national dédié à Ota Benga. Originaire de l’actuelle RDC, ce dernier fut capturé au début du 20e siècle avant d’être exhibé en 1906 au zoo du Bronx, à New York, dans un épisode devenu l’un des symboles les plus frappants de la déshumanisation raciale subie par les Africains durant la période coloniale.

La figure de Ota Benga s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique internationale de reconnaissance et de réhabilitation de la dignité des personnes d’ascendance africaine, aussi bien aux États-Unis qu’en République démocratique du Congo. Pour Kinshasa, ce projet mémoriel illustre la volonté de traduire les principes de justice historique en politiques publiques concrètes, notamment en matière de transmission de la mémoire et de valorisation du patrimoine.

James Mutuba 



Les  présidents des Conseils d’administration (PCA) des entreprises du Portefeuille de l’Etat et des établissements publics ont été appelés, samedi, à un sens élevé de l’intérêt général, lors de la cérémonie d’échange des vœux à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).

« Le PCA occupe dans l’architecture de gouvernance une fonction essentielle de supervision, de décision, de contrôle et d’orientation stratégique. Cette mission exige rigueur, responsabilité et sens élevé de l’intérêt général », a déclaré De’Alonzo Ngoie, président du collectif des PCA.

Il a dans ce sens, interpellé ses  collègues dans leur mission au regard du rapport publié par la Banque mondiale en ce mois de mars, retraçant la situation économique de la RDC qui met en évidence les défis importants en matière de fonctionnement des Conseils d’administration, de  transparence financière et de reddition des comptes.

« Nous saisissons également cette occasion solennelle pour rendre un hommage appuyé à Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République, Chef de l’État, pour son engagement constant en faveur de la modernisation de la gouvernance publique, du renforcement de l’État de droit et de la transparence dans la gestion des entreprises du portefeuille », a-t-il enchainé.

M. De’Alonzo a également a salué l’écoute attentive, la  disponibilité constante et l’engagement de la ministre du Portefeuille, Julie Shiku dans l’accompagnement des organes de gouvernance.

« Depuis son arrivée à la tête de ce ministère stratégique, les conditions de travail des mandataires publics sont en voies de s’améliorer sensiblement, elle a su instaurer un climat de confiance propice à l’efficacité et à la performance. Son action a contribué à faciliter l’exercice des missions des mandataires et à renforcer la qualité du pilotage des entreprises du portefeuille. Qu’elle trouve ici l’expression de notre profonde gratitude et de nos remerciements les plus chaleureux », a-t-il dit.

De son côté, Gisele Kayembe, représentante des femmes PCA  des entreprises du Portefeuille de l’Etat et des établissements publics s’est exprimé en ces termes : « reconnaître, célébrer et valoriser les femmes à des postes de gouvernance, c’est renforcer les fondations même de notre État et de nos institutions ».

Elle a rendu un vibrant hommage au président de la République dans sa casquette de champion de la masculinité positive dont la vision place la femme au centre de prise de décisions.

« L’intégration des femmes aux plus hautes instances du pays notamment au sein du gouvernement avec la Première ministre, au Parlement, dans les cours et tribunaux (…) constitue une preuve éloquente de la matérialisation de la dite vision », a-t-elle dite.

Mme Kayembe a relevé : « être femmes PCA, c’est souvent devoir faire preuve de résilience accrue, c’est porter des responsabilités lourdes dans les environnements exigeant parfois encore marqués par des stéréotypes ».

Cependant face à ces défis, elle a fait savoir que les  femmes PCA incarnent une gouvernance moderne, rigoureuse et inclusive, tout en démontrant que le leadership féminin n’est pas une alternative mais une évidence.

En outre, la représentante des femmes PCA des entreprises du Portefeuille de l’Etat a exhorté ces collègues en ces termes : « En tant que PCA, nous devons veiller à ce que nos institutions soient des instances d’équité, d’opportunité et de promotion du mérite. Nous devons impulser des politiques qui favorisent l’inclusion, qui soutient le leadership féminin et qui ouvre davantage des portes aux femmes et aux jeunes filles ».

Cette  cérémonie a été rehaussée de la présence de la  Première ministre, qui a été primée pour son apport à la bonne gouvernance des entreprises publiques, établissements publics et sociétés d’économie mixtes.

Organisée par le collectif des PCA, cette cérémonie a marqué la clôture des activités du mois de mars dédié aux droits des femmes au sein de l’administration publique.

Plusieurs PCA y ont pris part dont Ali Kalonga, PCA de l'Agence Congolaise de Presse.

ACP/C.L.



 La libération provisoire du rappeur Maître Gims, ambassadeur de la culture pour la jeunesse de la République démocratique du Congo, après 48 heures de garde à vue pour blanchiment présumé, a été saluée par Koffi Olomide dans une vidéo consultée samedi par l’ACP. « La vie d’une méga super star est faite de turbulences mais aussi de victoires. Je voudrais qu’ensemble nous célébrions Gims qui a retrouvé sa liberté.

La justice française n’a pas jugé utile de le garder en garde à vue. Je m’en réjouis comme le jour de la naissance de mon premier fils. Faites comme moi », a déclaré le chanteur Koffi Olomide. « On nous l’a répété. À cette occasion, Gims est un Congolais et un immense ambassadeur de la culture congolaise. Réjouissons-nous tous. Et vivement qu’il continue d’être le Dieu de la musique, la toiture de la musique du monde, comme il l’est. J’ai le pressentiment qu’on va en avoir dix (…)», a-t-il ajouté. Le rappeur, de son vrai nom Gandhi Djuna, fils du chorégraphe congolais Djuna Djanana, a été interpellé mercredi 25 mars à son arrivée à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle.

Cette arrestation a suscité de nombreuses réactions parmi ses fans ainsi que dans le milieu artistique, notamment de la part de Koffi Olomide qui lui a exprimé publiquement son soutien. Maître Gims a été remis en liberté vendredi 27 mars, avant d’être placé sous contrôle judiciaire après sa présentation devant un juge d’instruction.

L’enquête en cours porte sur un réseau présumé de blanchiment international impliquant plusieurs sociétés et des montages financiers complexes, liés notamment à un projet immobilier de luxe à Marrakech. En janvier 2022, Maître Gims et son frère Dadju avaient été élevés au rang d’ambassadeurs culturels de la République démocratique du Congo par le Président Félix Tshisekedi, en reconnaissance de leur contribution à la promotion de la culture congolaise à l’échelle internationale.

ACP/C.L./CC



Tenue samedi 28 mars à Gombe, une cérémonie d'échanges de vœux et de mise à l'honneur des femmes présidentes des Conseils d'administration a été organisée par le collectif des présidents des conseils d'administration(PCA) des entreprises et établissements publics, cette cérémonie marque la clôture des activités du mois de mars dédié aux droits des femmes au sein de l'administration publique.

L’engagement de la Première ministre Judith Suminwa, présente à cette cérémonie, dans l’accompagnement des Conseils d’administration dans leur mission a été salué par le collectif des présidents des Conseils d’administration. 

La valorisation des femmes à des postes de gouvernance a été aussi présentée comme le renforcement des fondations des institutions de la République démocratique du Congo, lors de la même cérémonie.

« Reconnaître, célébrer et valoriser les femmes à des postes de gouvernance, c’est renforcer les fondations même de notre État et de nos institutions », a déclaré Gisele Kayembe, représentante des femmes PCA des entreprises et établissements publics.

CC



La 13e session de la Conférence des gouverneurs, en cours à Bandundu, a révélé mercredi un taux global d'exécution de 74% des recommandations issues de la 12e session tenue à Kolwezi (Lualaba). La journée de mercredi 25 mars, deuxième jour des travaux, a été consacrée à la présentation de l’état d’avancement des recommandations issues de la 12ᵉ session tenue à Kolwezi.

Selon les chiffres présentés par Jacquemain Shabani, ministre de l’Intérieur, le taux global d’exécution des recommandations a déjà atteint 74 % au deuxième jour des travaux. 

Un niveau d’exécution majoritairement engagé

Selon le ministre, dans le détail, l’évaluation actualisée fait état de :

  • 5 recommandations totalement exécutées (9 %) ;
  • 36 en cours d’exécution (65 %) ;
  • 13 non exécutées (24 %) ;
  • 1 recommandation devenue caduque (2 %).

Il souligne que ces données traduisent un niveau d’engagement global jugé significatif, même si toutes les actions n’ont pas encore abouti.

Des projets structurants sur le long terme

M. Shabani souligne que plusieurs recommandations concernent des projets structurants qui doivent être exécutés sur le long terme.

Leur mise en œuvre devrait se poursuivre au-delà de 2026, ce qui explique en partie le nombre encore élevé de dossiers en cours d’exécution.

Cette évaluation intervient en prélude aux discussions de la 13ᵉ session, où les gouverneurs sont appelés à renforcer le suivi et l’application des décisions prises, dans un contexte marqué par des enjeux de gouvernance et de développement à l’échelle nationale.

Bilan mitigé de l’an dernier 

Lors de la 12ème conférence, le collectif des gouverneurs, par la voix de Jacques Kyabula, alors gouverneur du Haut-Katanga, avait exprimé une vive inquiétude face à l'inexécution de la "grande majorité" des recommandations passées.
Parmi les points soulevés dans leur mémorandum figuraient :

  • La Caisse nationale de péréquation : Les gouverneurs ont dénoncé la non-opérationnalisation de cet organe constitutionnel, censé corriger les inégalités de développement entre les provinces.
  • La stabilité institutionnelle : Le recours jugé "abusif" aux motions de censure par certaines assemblées provinciales a été pointé comme un facteur de déstabilisation des exécutifs.
  • Le social des élus : Le plaidoyer portait également sur le paiement régulier des émoluments des députés provinciaux.

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