Réclamé par une partie de l’opposition, soutenu par des partenaires internationaux et évoqué par le chef de l’État, le dialogue national en République démocratique du Congo n’est toujours pas convoqué. Plusieurs éléments expliquent cette impasse persistante.
1. Le désaccord sur les préalables
Pour Seth Kikuni, en exil depuis mi-janvier, l’opposition ne participera pas à un dialogue sans “conditions préalables claires, crédibles et vérifiables”. Il cite notamment un cessez-le-feu effectif et “la cessation de toute répression visant à intimider, réduire au silence ou exclure les voix dissidentes”, ainsi que la libération des prisonniers politiques, la levée des condamnations à caractère politique, la restitution des passeports et l’annulation des procédures judiciaires qu’il qualifie de politiques.
Le pouvoir, lui, insiste sur un dialogue qui ne saurait “relativiser une agression ni diluer des responsabilités établies” et qui ne consacrera “aucune forme d’impunité”, selon le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya.
2. Le format et le pilotage du processus
Le président Félix Tshisekedi a fixé un cadre : le dialogue doit se tenir sur le territoire national, sous la conduite des institutions de la République et sans remise en cause des institutions issues des élections.
Cette approche est rejetée par plusieurs figures de l’opposition. Jean-Marc Kabund-a-Kabund estime qu’“un pouvoir contesté” ne peut “se choisir ses interlocuteurs” ni fixer unilatéralement “les lignes rouges”. Son parti, l’Alliance pour le changement, refuse un dialogue défini par le seul pouvoir.
De son côté, Ensemble pour la République de Moïse Katumbi qualifie le schéma présidentiel de “simulacre de dialogue” et plaide pour une médiation confiée au tandem CENCO-ECC, position également soutenue par Martin Fayulu.
3. La question de l’inclusivité et des groupes armés
Un autre point de blocage concerne la participation des groupes armés. Martin Fayulu et Jean-Marc Kabund défendent un dialogue incluant “toutes les forces concernées, y compris les groupes armés”.
À l’inverse, le président Tshisekedi exclut tout dialogue qui remettrait en cause l’ordre constitutionnel ou relativiserait l’agression rwandaise. Le gouvernement insiste sur l’absence d’impunité.
La CENCO et l’ECC, par la voix de leur secrétaire général Mgr Donatien Nsholé, défendent une approche inclusive tout en affirmant que “l’inclusivité ne signifie pas primer ceux qui ont fait couler le sang”, évoquant des mécanismes de justice transitionnelle.
4. La concurrence des processus diplomatiques
Le dialogue national s’inscrit dans un contexte marqué par deux processus parallèles : celui de Washington, visant à gérer les tensions entre Kinshasa et Kigali, et celui de Doha, consacré aux discussions entre Kinshasa et l’AFC/M23.
Ces initiatives “progressent sur le papier”, mais sans résultats tangibles sur le terrain, où l’AFC/M23 continue d’administrer de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette absence d’avancées concrètes alimente la méfiance et complique la définition d’un cadre politique interne consensuel.
5. Le rôle de l’Angola et les consultations préalables
À Luanda, l’Angola a reçu mandat d’engager des consultations avec les différentes parties congolaises pour préparer un dialogue intercongolais. La présidence angolaise a indiqué que le lancement de la phase préparatoire serait annoncé “en temps voulu”.
Le gouvernement congolais attend de ces “pré-consultations” qu’elles créent les conditions du dialogue, tout en maintenant ses lignes rouges. Mais à ce stade, aucune date n’a été fixée.
Entre exigences de préalables, désaccord sur le format, débat sur l’inclusivité des groupes armés et absence de résultats des processus diplomatiques en cours, le dialogue national reste bloqué. Malgré les appels répétés de l’opposition, des Églises et de partenaires internationaux, les conditions politiques de sa convocation ne sont pas réunies.
actualite.cd/CC
La coordination opérationnelle du Panel est assurée conjointement par la Cellule d’Études Desk Grands Lacs ( NDLR: dirigé par le professeur Adolphe Lumanu) et le ministère de l’Intégration régionale, agissant en sa qualité de secrétariat technique permanent. Le Panel comprend des membres permanents chargés de mettre en œuvre l’orientation politique et stratégique du mandat de la RDC.
CC
Une clarification est intervenue au sujet de la situation à la tête de l’OCC -Office Congolais de Contrôle-. Contrairement à certaines rumeurs relayées ces derniers jours, le Directeur général suspendu, Étienne Tshimanga, n’a pas été réhabilité dans ses fonctions. Des sources concordantes au sein du ministère du Commerce extérieur précisent que la récente correspondance du ministre Julien Paluku ne constitue nullement une mesure de réhabilitation. Elle vise plutôt à lever les mesures conservatoires qui avaient été prises avant la suspension du DG.
Avant la suspension de M. Tshimanga, le ministre avait instauré une série de mesures conservatoires destinées à encadrer strictement la gestion de l’Office. Ces dispositions s’inscrivaient dans un contexte de tensions administratives et de préoccupations liées à la gouvernance interne de l’établissement public.
Parmi les mesures alors décidées figuraient :
La suspension de tout mouvement du personnel et de tout avancement en grade sur l’ensemble du territoire national, toute mise en place étant gelée jusqu’à nouvel ordre ;
L’interdiction d’engager toute dépense, à l’exception de celles strictement liées au fonctionnement courant de l’Office et au paiement des salaires ;
L’obligation d’obtenir l’approbation préalable de l’autorité de tutelle pour toute dépense ne relevant pas du cadre autorisé ;
L’interdiction de signer tout engagement ou contrat avec des tiers.
Ces restrictions visaient à préserver la transparence et à éviter tout acte de gestion susceptible d’engager l’Office durant la période précédant la décision de suspension. La levée de ces mesures conservatoires ne signifie donc pas le retour du DG suspendu, mais plutôt un réaménagement administratif.
Désormais, la Directrice générale a.i., Christelle Muabilu, est autorisée à poser l’ensemble des actes de gestion nécessaires au bon fonctionnement de l’établissement. Elle peut ainsi procéder aux mouvements du personnel, engager des dépenses dans le respect des règles en vigueur et signer des contrats au nom de l’Office.
Cette mise au point du ministère vise à dissiper toute confusion et à réaffirmer que la suspension d’Étienne Tshimanga demeure en vigueur, en attendant la suite des procédures engagées.
À ce stade, les autorités n’ont pas rendu publics, de manière détaillée et officielle, les griefs précis retenus contre le Directeur général suspendu de l’Office Congolais de Contrôle, Étienne Tshimanga. Cependant, sa suspension est intervenue dans un contexte de fortes préoccupations liées à la gouvernance et à la gestion administrative de l’Office.
Les mesures conservatoires prises en amont par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, laissent entrevoir la nature des inquiétudes exprimées par la tutelle. Parmi les éléments ayant motivé l’intervention du ministère figuraient notamment.
Des interrogations sur la gestion des ressources humaines, notamment les mouvements et avancements de personnel
Des préoccupations relatives à l’engagement de dépenses jugées sensibles ou non conformes aux procédures établies
La signature d’engagements ou de contrats avec des tiers sans encadrement préalable de l’autorité de tutelle
De manière générale, des soupçons de dysfonctionnements administratifs nécessitant un gel temporaire des actes de gestion.
C’est dans ce climat que des mesures restrictives ont été imposées avant la décision formelle de suspension, afin d’éviter tout acte susceptible d’engager davantage l’établissement.
Le légendaire Ferré Gola a exprimé toute son excitation pour un moment exceptionnel : « Dans 37 jours, nous avons un nouveau rendez-vous avec l'histoire à Paris, le 4 avril à l'Accor Arena. »
À exactement 37 jours de cet événement, l'artiste invite ses fans à se préparer pour une soirée mémorable où la rumba congolaise et le ndombolo seront à l'honneur. Fidèle à son style, Ferré Gola promet une performance pleine d'énergie, d'émotions et de moments inoubliables.
Ce compte à rebours marque l'approche d'un concert qui s'annonce déjà comme un moment fort de l'année musicale à Paris et pour tous les amateurs de musique congolaise à travers le monde.
Ordi Mande
La nouvelle compagnie aérienne nationale, Air Congo, franchit une étape décisive dans son plan d'expansion. Dès le mois de mars prochain, le transporteur congolais lancera officiellement ses premières liaisons régionales, reliant Kinshasa à plusieurs hubs économiques du continent.
C'est via son compte officiel sur le réseau social X que la compagnie a dévoilé son calendrier de déploiement. Cette montée en puissance intervient après une phase de préparation technique et le renforcement progressif de ses capacités opérationnelles.
Un calendrier de déploiement progressif
Le réseau régional d'Air Congo s'ouvrira en trois phases clés entre la fin du mois de mars et le début du mois d'avril 2026 :
22 mars 2026 : ouverture des lignes vers Johannesburg (Afrique du Sud) et Entebbe (Ouganda).
28 mars 2026 : lancement des vols à destination de Douala (Cameroun) et Cotonou (Bénin).
04 avril 2026 : inauguration de la desserte de Dar es Salaam (Tanzanie).
Une flotte en pleine croissance
Pour assurer ces nouvelles dessertes, Air Congo mise sur une flotte moderne composée d'appareils de type Airbus. La compagnie a d'ailleurs franchi une étape logistique majeure la semaine dernière avec la réception de son troisième avion.
Ce renforcement de la flotte doit permettre à la compagnie non seulement de garantir la régularité des vols, mais aussi de répondre à la demande croissante de mobilité dans la sous-région. L'ambition affichée est de repositionner la République démocratique du Congo comme un acteur central du transport aérien en Afrique centrale et australe.
Vers la reconquête du ciel africain
Le lancement de ces vols internationaux est perçu par de nombreux observateurs comme un signal fort de la volonté de la RDC de reprendre des parts de marché face aux compagnies étrangères. Ce déploiement dans les capitales africaines constitue le premier volet d'une stratégie plus large visant à faciliter les échanges commerciaux et diplomatiques dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
radiookapi.net/CC
Un nom qui incarne la destinée de toute une Nation: Julianna Lumumba, la fille du premier Premier ministre congolais Patrice-Emery Lumumba a été désignée vendredi comme candidate aux fonctions de Secrétaire générale de la Francophonie (OIF) pour le compte de la République démocratique du Congo( RDC), qui attend un retour de l’ascenseur.
« A travers cette candidature, la République démocratique du Congo porte l’ambition d’une Francophonie plus solidaire, et plus proche des peuples, capable d’accompagner les transitions numériques, culturelles et économiques du XXIème siècle », lit-on dans le communiqué du ministère de la Communication et Médias.
Les valeurs intrinsèques de Mme Lumumba ont déterminé les autorités congolaises à porter ce choix qui n’a surpris que les adeptes de la facilité.
Cette candidature « s’appuie sur des atouts stratégiques majeurs: un leadership politique confirmé au plus haut niveau de l’État, une expertise panafricaine unique (ou avéré), en intégration économique et coopération régionale, une diplomatie culturelle reconnue, forgée dans des représentations officielles internationales, un engagement constant pour la promotion des femmes dans l’économie et la gouvernance, une maîtrise du multilinguisme (français, arabe, anglais, lingala, swahili), essentielle pour une Francophonie diverse et inclusive ».
Les Congolais qui constituent un contingent important des locuteurs francophones dans sa diversité, « attendent des autres une reconnaissance légitime », a analysé auprès de l’ACP, un diplomate africain.
La candidature de Mme Lumumba est une synthèse des arbitrages qui tiennent compte de plusieurs éléments contradictoires d’autant que les autorités ont dû laisser de côté des candidatures valables, mais qui pouvaient paraître non consensuelles.
« La charge émotionnelle et contraignante du nom, les capacités intrinsèques de la personne et le soutien total du pays font de Julianna la candidate de tous les espoirs », avait analysé, à vif, auprès de l’ACP un officiel congolais, aux premières heures du matin.
En cas de victoire, la congolaise Lumumba va succéder à ce poste, à la Rwandaise Louise Mushikiwabo qui a empilée deux mandats à ce poste.
« En présentant la candidature de Mme Julianna Amato Lumumba, la RDC souhaite contribuer à une Francophonie plus moderne, plus inclusive et plus proche des peuples », a conclu Crispin Mbadu, ministre délégué en charge de la Francophonie et diaspora congolaise.
ACP/C.L./CC
Le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du Gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a pris la parole, mercredi 26 février 2026, à l’Université Saint-Paul d'Ottawa, au Canada, lors d’une conférence intitulée « Trente ans de conflit dans l’est de la RDC, dynamiques régionales, enjeux humanitaires et perspectives de paix ».
Au cours de son intervention, le ministre a rappelé que la guerre dans l’Est de la RDC, qui perdure depuis 1994, a fait des millions de victimes et continue de décimer des familles.
« Cette guerre n’est pas celle du Président Félix Tshisekedi, mais un conflit structurel que notre pays traite à travers le rapatriement des FDLR et les accords de Washington qui obligent le Rwanda à retirer ses troupes », a-t-il précisé.
Patrick Muyaya a mis en lumière les motivations économiques profondes derrière cette agression, en insistant sur le rôle central de l’exploitation illicite des ressources congolaises par le Rwanda. Selon lui, le pays voisin tire près de 40 % de son budget de l’exploitation de l’or congolais, avec des recettes estimées à 1,6 milliard de dollars pour 2024, en plus des profits issus du coltan et du tungstène.
« Nous avons mis en place une stratégie sur cinq fronts (militaire, diplomatique, économique, politique et communicationnel) pour mettre un terme à cette agression », a déclaré le ministre.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de ne pas instrumentaliser les communautés locales dans ce conflit. Les crimes commis par les M23-AFC, qualifiés de supplétifs du Rwanda, ne peuvent en aucun cas être imputés à la communauté Banyamulenge.
« Nous avons plus de 450 ethnies dans notre pays et nous nous soutenons et nous tolérons mutuellement. Quel que soit le problème, un chef d’État d’un pays voisin ne peut pas venir commettre des massacres ou utiliser les corps des femmes comme arme, sous prétexte de protéger une communauté », a-t-il souligné.
À travers cette conférence, le Gouvernement congolais poursuit sa stratégie diplomatique et communicationnelle visant à alerter la communauté internationale sur la nature structurelle de l’agression rwandaise, la nécessité de protéger l’intégrité territoriale de la RDC et la lutte contre l’exploitation illégale de ses ressources naturelles.
Prosper Buhuru









