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Goma et Rutshuru : 80 000 emplois menacés après des exigences de l’AFC-M23 visant à évincer les sociétés de gardiennage congolaises au profit d’intérêts rwandais [Conseils de la Jeunesse]



Les Conseils communaux et territorial de la jeunesse de Goma, Karisimbi et Rutshuru ont réagi à une décision prise par la coalition AFC-M23-RDF à l’issue d’une réunion organisée à Goma, à l’intention des responsables des sociétés de gardiennage. Selon ces str

tures des jeunes, cette rencontre a abouti à la fixation de nouvelles conditions imposées aux entreprises de sécurité opérant dans les zones sous occupation.

D’aprè

ucs le communiqué, cette mesure intervient après une décision similaire prise dans la ville de Bukavu, au Sud-Kivu. À Goma, la coalition AFC-M23-RDF aurait exigé des sociétés de gardiennage qu’elles se conforment à des conditions jugées inappropriées pour pouvoir continuer à exercer leurs activités. Les conseils de la jeunesse estiment que ces exigences sont de nature à fragiliser le fonctionnement normal de ces entreprises.

Les structures signataires considèrent que ces conditions risquent de placer les sociétés concernées dans l’impossibilité de poursuivre leurs services, les poussant ainsi à fermer leurs portes. Elles dénoncent un processus qui, selon elles, favoriserait la société rwandaise NEVIS, laquelle serait appelée à prendre le relais dans les zones sous occupation.

Toujours selon le document, cette dynamique aurait pour conséquence le remplacement de nombreux jeunes travailleurs congolais par d’autres recrues ayant suivi une formation militaire au Rwanda et armées par les rebelles de la coalition AFC-M23-RDF. Les conseils communaux et territorial de la jeunesse y voient une menace directe contre l’emploi local et la stabilité des jeunes de la région.

Face à ce qu’ils qualifient de situation aux conséquences socio-économiques néfastes, les Conseils communaux de la jeunesse de Goma, Karisimbi ainsi que le Conseil territorial de la jeunesse de Rutshuru expriment leur profonde indignation. Ils pointent également du doigt certains investisseurs congolais proches du Rwanda, qu’ils accusent de militer pour des décisions susceptibles d’aggraver la souffrance de la jeunesse congolaise.

Les structures des jeunes attirent l’attention des organisations nationales et internationales, ainsi que des syndicats de travailleurs, sur les répercussions sociales d’une telle décision. Elles estiment que celle-ci pourrait avoir des effets dramatiques sur le tissu socio-économique des zones concernées.

Selon leurs estimations, plus de 80 000 jeunes employés par ces sociétés de gardiennage risqueraient de se retrouver sans emploi à Goma, Nyiragongo, Rutshuru et Masisi. Une telle situation exposerait leurs familles à une précarité sans précédent, avec des risques accrus de misère et d’instabilité sociale. 

Les conseils mettent en garde contre ce qu’ils décrivent comme un véritable séisme social pour la jeunesse de Goma et des autres zones sous occupation, soulevant de graves inquiétudes quant à l’avenir des jeunes concernés.

opinion-info/CC

 
 

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