A la veille de la rentrée scolaire prévue le 1er septembre 2025, les enseignants des territoires de Masisi et Rutshuru au Nord-Kivu annoncent leur volonté de reprendre les cours pour une période de deux semaines, sous réserve que le gouvernement prenne des mesures pour régler leurs arriérés de plus de sept mois. Passé ce délai, ils menacent d’entamer un mouvement radical de grève.
L’intersyndicale des enseignants, Force Syndicale Nationale (Fosynat), a fait cette déclaration le samedi 31 août, déplorant la précarité dans laquelle vivent ces éducateurs. Exaucé Bandu, porte-parole du syndicat, souligne la situation dramatique des enseignants qui peinent à subvenir aux besoins de leurs familles et même à préparer la rentrée scolaire de leurs propres enfants : « C’est une désolation très grave qu’un agent de l’État, comme un enseignant formateur, manque un cahier ou un uniforme pour son enfant. C’est une honte ».
Ces enseignants regrettent l’absence de réponse du gouvernement malgré leurs multiples appels ces derniers mois, et dénoncent un manque d’intérêt flagrant de la part de l’État, en particulier de la ministre de l’Éducation. Ils rejettent également le paiement de leurs salaires via la Caritas, qu’ils accusent de détourner leurs fonds, et réclament une réforme du mode de paiement.
La crise des salaires impayés s’inscrit dans un contexte sécuritaire difficile et logistique compliqué, avec des conséquences directes sur la qualité de l’enseignement et la motivation des enseignants.
Les syndicats appellent le gouvernement à une action rapide pour éviter un blocage total du système éducatif dans ces territoires et à garantir des conditions de travail dignes aux enseignants, condition indispensable pour assurer une bonne rentrée scolaire.
radiookapi.net/CC