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L’épidémie d’Ebola en RDC progresse à un rythme inédit, l’OMS tire la sonnette d’alarme



L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’inquiète de l’accélération de l’épidémie d’Ebola qui touche l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Avec près de 4 500 cas confirmés et plus de 2 000 décès, la maladie se propage plus rapidement que lors des précédentes flambées enregistrées dans le pays.

Lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 12 août à Genève, le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a dressé un constat préoccupant de la situation. Selon lui, l’épidémie actuelle progresse à une vitesse sans précédent et pourrait, si cette tendance se maintient, dépasser l’ampleur de la crise qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.

« La course contre le virus a commencé avec plusieurs longueurs de retard et l’épidémie a pris une avance considérable. Elle est toujours loin devant nous et nous essayons de la rattraper », a reconnu le chef de l’agence sanitaire des Nations Unies.

Déclarée officiellement le 15 mai, l’épidémie a connu une expansion fulgurante en moins de trois mois. Le virus Bundibugyo, une souche particulièrement virulente du virus Ebola, s’est déjà propagé dans cinq provinces du pays et touche désormais 53 zones de santé. L’Ituri demeure l’épicentre de la crise sanitaire.

Cette province concentre près de 90 % des cas recensés et environ 80 % des décès enregistrés. La transmission reste particulièrement active dans la ville de Bunia, capitale provinciale, ainsi que dans les zones de Rwampara et Nizi, où les équipes de santé poursuivent leurs efforts de surveillance et de prise en charge.

Une épidémie détectée tardivement

Selon les estimations de l’OMS, le virus circulait déjà depuis deux à trois mois avant sa reconnaissance officielle. Les experts poursuivent actuellement des enquêtes épidémiologiques et génétiques afin de retracer les premières chaînes de transmission et de mieux comprendre l’origine de cette flambée.

Cette détection tardive a permis au virus de s’installer dans plusieurs communautés avant le déploiement des mesures de riposte, compliquant considérablement les efforts visant à contenir sa propagation.

Au-delà des chiffres officiels, l’OMS s’inquiète particulièrement des personnes infectées qui échappent encore au système de surveillance. Certains malades sont retrouvés décédés sans avoir été identifiés ou pris en charge par les services de santé.

Pour les autorités sanitaires, cette « partie immergée » de l’épidémie représente aujourd’hui l’un des plus grands défis. Ces cas non détectés favorisent la poursuite silencieuse de la transmission au sein des communautés et risquent d’alimenter de nouveaux foyers de contamination.

Face à cette situation, l’OMS estime que la lutte contre Ebola ne pourra être gagnée uniquement dans les centres de traitement. La participation active des communautés est désormais considérée comme un élément central de la riposte.

Sensibilisation des populations, signalement rapide des cas suspects, respect des mesures de prévention et coopération avec les équipes médicales sont autant d’actions jugées indispensables pour freiner la progression du virus.

Alors que la RDC fait face à sa dix-septième épidémie d’Ebola depuis 1976, les autorités nationales et leurs partenaires internationaux redoublent d’efforts pour éviter qu’elle ne se transforme en une catastrophe sanitaire de plus grande ampleur. La capacité à détecter rapidement les cas et à renforcer la confiance des communautés sera déterminante dans les semaines à venir.

radiookapi.net/CC

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