Mardi, Décembre 18, 2018

Justine Kasa Vubu fustige la «politique africaine» de la Belgique

kasa vubuUn nouveau cartel politique dénommé «Organisation citoyenne pour le changement» (OCC) a fait sa sortie non-officielle jeudi 13 septembre à Bruxelles. C’était l’occasion pour son porte-parole, Justine Mpoyo Kasa Vubu (photo), ancienne ambassadrice du Congo-Kinshasa auprès du royaume de Belgique (1997-1998), de présenter la nouvelle plate-forme politique et de procéder à une sévère «analyse» des propos du ministre belge des Affaires à l’issue de sa récente tournée au Congo et au Rwanda. Paul-Henri Kabaïdi wa Kabaïdi, ancien gouverneur de la ville de Kinshasa dans les années 80, et Léopold Zushi, ancien représentant d’Air-Zaïre (LAC) en Europe, constituent, avec l’oratrice, les têtes d’affiche de ce nouveau mouvement qui clame l’ambition de contribuer «à la construction du Congo de demain» grâce à un « leadership collectif ».

A Kinshasa, les observateurs les plus impartiaux font état d’une atmosphère de «fin de règne». En cause, l’enlisement de la situation militaire au Nord Kivu – où les rebelles du M-23 fortifieraient leurs positions dans les «territoires occupés» -, et la récente déclaration des partis d’opposition d’initier la mise en accusation de «Joseph Kabila» pour «haute trahison» lors de la session parlementaire qui s’ouvre le samedi 15 septembre. «Nul ne sait ce que demain sera fait», commente un confrère kinois. A ces deux faits politiques, il faut bien épingler la désertion, depuis le 12 août dernier, du colonel John Tshibangu. Cet officier dissident donne une véritable insomnie au pouvoir kabiliste. Sans omettre l’interview fleuve accordée, fin août, au «Soir» de Bruxelles, par le ministre rwandais de la Défense, James Kabarebe. Selon une source proche du régime rwanadsi, «James» aurait proféré des «menaces précises» à l’endroit de « Joseph » lors de cet entretien. Des menaces, semble-t-il, «caviardées» par l’intervieweuse en l’occurrence Colette Braeckman. Des sources à Kin murmurent que «Joseph Kabila» se comporterait depuis un certain temps en «homme traqué». Traqué par son ancien mentor rwandais? Personne n’ose y répondre. «Joseph Kabila aurait acquis la conviction qu’une conjuration se tramerait pour l’évincer du pouvoir», indiquent ces sources.

«Promouvoir une nouvelle culture politique»

C’est dans cette ambiance de grande «illisibilité politique» que l’OCC tente de se frayer une place dans le microcosme politique congolais. Devrait-on parler de «positionnement» ? «Nullement, rétorque Justine Mpoyo Kasa Vubu. Nous ne nous positionnons pas pour assouvir des ambitions personnelles. Nous voulons conduire le peuple congolais sur le chemin du progrès économique et social grâce à un leadership collectif». L’ancienne diplomate de préciser que l’OCC «n’est pas une organisation non-gouvernementale». Il s’agit donc d’un mouvement politique qui entend conquérir le pouvoir et l’exercer. «C’est une organisation qui veut promouvoir le Changement», dira-t-elle sans toutefois s’étendre sur les moyens. Bref, le modus operandi. «L’alternative au Congo devient nécessaire, enchaîne, pour sa part, Paul-Henri Kabaïdi. Mais il faut l’organiser».

Exercer le pouvoir pour quoi faire? Pour Kasa Vubu, il s’agit de «mettre le l’homme congolais au centre de toutes les préoccupations». D’aucuns pourraient objecter que toutes les formations politiques congolaises aiment fredonner ce refrain tant qu’elles battent le pavé sur les chemins rocailleux de l’opposition. Quelles sont les valeurs qui servent de «balises» à l’OCC? L’oratrice d’épingler «la culture de la compétence, le progrès, l’amour de la patrie, l’éthique et l’intérêt national». Selon elle, le nouveau mouvement entend instaurer une «nouvelle culture politique, une culture de bâtisseurs». Prenant une tonalité sociale-démocrate, «Justine» d’énumérer les réformes prioritaires que l’OCC entend mettre en oeuvre au cas où elle accéderait au pouvoir : l’éducation, la santé, l’agriculture et la justice. «L’OCC a l’ambition de réhabiliter l’indépendance de la justice», insiste l’ex-diplomate.

Un intervenant de regretter la mauvaise habitude du personnel politique congolais consistant à négliger le « budget ». Autrement dit, le nerf de la guerre sans lequel tout projet n’est qu’un vœu pieux. «Il faut commencer par doter le pays d’un budget», dira l’intervenant en soulignant le «ridicule» pour un Etat de la dimension du Congo de se contenter d’un budget d’à peine cinq milliards de dollars. Un autre intervenant de fustiger l’absence des recettes générées par les hydrocarbures dans les prévisions budgétaires pour l’exercice en cours. Citant Sénèque, «Papa Kabaïdi» de lancer : «Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que vous n’osiez pas. Mais c’est parce que vous n’osez pas que les choses sont difficiles».

Réquisitoire contre la politique africaine de la Belgique

Auparavant, dans son mot introductif, Justine Mpoyo Kasa Vubu s’est livrée à un réquisitoire sans concession à l’encontre de la politique africaine de la Belgique particulièrement dans la région des Grands Lacs. Les libéraux francophones Louis Michel (ministre des Affaires étrangères de 1999 à 2004) et Didier Reynders, l’actuel chef de la diplomatie du Royaume, ont pris pour leur grade. Il leur est reproché l’ingérence dans les affaires du Congo au point de s’octroyer «une tutelle sans mandat légitime sur un Etat souverain». Le socialiste francophone André Flahaut, ancien ministre de la Défense, n’a pas été épargné. L’oratrice a ironisé sur les nombreux déplacements de celui-ci au Congo dans le cadre de la formation des militaires des FARDC. Toute politique étant jugée sur le résultat, le porte-parole de l’OCC de noter que l’échec est patent. Elle cite en guise d’illustration «la fréquence des défaites, des débandades (…) face à l’ennemi».
«Le ministre Didier Reynders, poursuit-t-elle, devrait se garder de faire l’éloge des bataillons d’élite formés par les instructeurs belges, bataillons d’élite qui n’ont d’ailleurs pas fait signe de vie devant le M-23».

Pour Kasa Vubu, l’intégration des ex-combattants du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) avec des soldats congolais a facilité l’introduction des «criminels tutsis» dans l’armée congolaise. Pour elle, la faute incomberait à l’ancien commissaire européen Louis Michel qui serait, selon elle, le concepteur du « brassage ». «Il y a donc lieu de s’inscrire dans une logique radicale et rigoureuse d’épuration dans le but d’expurger de l’armée, de la police, des services de sécurité, des institutions et de l’administration de la République, toutes les intrusions inopportunes menées par des corps étrangers (ou de nationalité équivoque) responsable des crimes, des conflits et de l’instabilité généralisée en RDC». Pour l’oratrice, il est temps que la communauté internationale encourage les Tutsi et les Hutu à aller régler leurs querelles au Rwanda par la tenue d’un «dialogue inter-rwandais». Et d’estimer dans la foulée qu’il n’est pas question pour le Congo d’engager un «dialogue» avec le Rwanda. «Ce dialogue, fait-elle remarquer, serait encore une fois une pantalonnade quand on sait le caractère hiérarchique des relations entre Joseph Kabila et Paul Kagame (…). Prenant le contre-pied du ministre Reyders, elle note que «Kagame n’est pas la solution mais il constitue un problème et une grande menace pour toute la région des Grands Lacs». Et de conclure en invitant les Congolais à se réapproprier le destin collectif : «Nous sommes conscients que le chemin à parcourir sera long, mais avec le courage, la détermination, la foi la persévérance, la victoire est certaine».

Source Congoindependant.com



Billet de Ali Kalonga

Dépêches

Please install and publish "2J News Slide Plugin"

Nous Soutenir

In order to view this page you need Flash Player 9+ support!

Get Adobe Flash player

Rédaction

Ali Kalonga

Directeur de la Rédaction

Contact: +32  493 43 68 54

alikalonga@culturecongolaise.com